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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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Pourquoi ce blog ?

  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

(suite cliquez)   POURQUOI CE BLOG ?

Pour nous contacter . alainbernardenthailande@gmail.com

Merci d’être venu consulter ce blog. Si vous avez besoin de renseignements ou des informations à nous communiquer vous pouvez nous joindre sur alainbenardenthailande@gmail.com

23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 03:04

 

22/04/2011 - THAÏLANDE - CAMBODGE
Après deux mois d'accalmie, de violents combats ont opposé pendant quelques heures les troupes thaïlandaises et cambodgiennes à la frontière. Les deux pays se disputent une zone comprenant les ruines de deux temples datant du XIe siècle. 

Article 24 : Affaire du temple de Preah Vihear,  les dés  étaient-ils pipés (?) 

 dés pipés

Nous avons brièvement relaté (article 8), l’historique du contentieux entre la Thaïlande et le Cambodge à propos du temple de Preah Vihear.

 

 En 1954, lors du départ des Français et de l’accès du Cambodge à l’indépendance, le gouvernement thaïlandais fit occuper le temple par ses forces armées. La protestation du Cambodge aboutissait à la Cour Internationale de justice de La Haye, qui lui attribuait, le 15 juin 1962,  la propriété du temple de Preah Vihar. Mais le fait que la Cour n’ait pas  statué sur les terres environnantes ne pouvait aboutir qu’à une revendication des deux parties et devenir une source de conflit permanent. Une carte de google et surtout le classement du temple au patrimoine mondial de l’Unesco en juillet 2008 exacerbaient les nationalistes des deux bords.

 

Y-a-t-il, au delà de ces querelles historiques, géographiques et juridiques, une explication à la décision de la Cour Internationale de Justice ?

 

Peut-être ?

A cette époque, Norodom Sihanouk, actuel « roi-père » du Cambodge n’est plus roi mais chef d’état à vie. Il est aussi le très charismatique chef de file des pays non engagés, il n’a pas avec lui la force militaire mais une incontestable aura internationale, méritée ou pas, dont ne bénéficie pas le pouvoir en place à Bangkok. Il est l’ « ami » tout autant de Léopold Senghor que du Général De Gaulle ou de Mao-tsé-toung. « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ». Sa personnalité puissante a-t-elle influencé la décision de la Cour ? Bien malin qui le dira. Au passage, je me contente de faire un peu de mauvais esprit.


J’en étais au stade des suppositions (malveillantes) jusqu’à ce que je tombe par hasard sur les mémoires de Samdach Son-Sann ancien premier ministre du Cambodge de 67 à 69 qui indique froidement comment le procès a été « préparé discrétement » : promesse de soutien des juges issus du bloc communiste (il y avait deux polonais), soutien d’un juge d’ « un grand pays asiatique » par l’intermédiaire d’un « banquier américain ami », promesse du Japon (en échange d’un vote favorable à l’ONU)... ce qu’il appelle une « longue et minutieuse préparation du dossier ».

SonSann

3 des juges (au moins) avaient donc pris partie AVANT d’entendre les plaidoiries et d’étudier le dossier. Les avocats malicieux appellent cela « plaider dans les pissotières ». Reprenons le décompte des voix ci-dessus en faisant fictivement basculer des trois voix de complaisance : 9 – 3 = 6 et 3 + 3 = 6, match nul sur la propriété du temple. Sur le second problème, 7 – 3 = 4, 5 + 3 = 8, la Thaïlande gagne. Un aveu explicte du soutien du bloc communiste et de la finance américaine.

 

 

araignee1

 

Si vous ne me croyez pas, allez donc sur le site où l’ancien premier ministre dont je n’ai aucune raison de soupçonner la parole nous narre les dessous de ce procès !

http://www.taansrokkhmer.com/temple_de_preah-vihear.ws


L’Isan enfin n’est pas frappé par la question majeure des provinces musulmanes du sud. Les minarets des petites communautés mahométanes éparses ça et là coexistent sans problèmes apparents avec les clochers des églises catholiques et les djedis des bouddhistes.

 

Ces questions frontalières peuvent apparaître comme une question internationale de bornage et de mur mitoyen, querelles d’avocats, voila tout ! Mais les querelles de mur mitoyen ne donnent lieu qu’à des questions d’argent, les querelles de frontière ont fait couler autant de sang que le Mékong charrie d’eau dans l’année. Les frontières restent tracées à la pointe du sabre même si le droit international tente d’établir quelques règles.

 

 

 

 

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 03:02

 Les édredons de la honte !


DSC01225

 Il y a quelques semaines,  mon épouse me prie de la conduire un dimanche après midi à la grande école de l’amphœ pour « assister à une conférence ». Je la récupère quelques heures plus tard toute heureuse de revenir avec deux cadeaux, un magnifique édredon d’abord. Bonne aubaine, c’était le temps où, conséquence du réchauffement climatique évidemment, nous nous gelions en Isan, et une enveloppe contenant deux billets de 100 bahts, encore une aubaine :  nous allions boire l’argent du lobby, mais de quel lobby ?

 

La réponse se trouve dans une petite brochure agréablement illustrée dans la lecture de laquelle je me plonge....C’est le panégyrique du nucléaire pour la Thaïlande ... mieux que le solaire, mieux que les éoliennes, mieux que l’hydroélectrique, mieux que le thermique, comme au Japon et en France (le pays le plus nucléarisé du monde !) leur électricité serait nucléaire, tout cela évidemment sans le moindre danger.

NUCLEAIRE 04

 


Je n’avais à cette date rien à priori contre le nucléaire, je lui explique tout de même que j’avais vécu pendant plusieurs dizaines d’années à quelque dizaines de kilomètres à vol d’oiseau du triangle Cadarache – Marcoule – Pierrelatte et que, de ma résidence familiale, j’avais sous les yeux l’horrible vision des tours de refroidissement hyperboliques de l’usine Eurodif. Je préférais nos vignes.

1448386 3 dd3b le-site-nucleaire-de-tricastin-dans-la-valle 

Je lui explique que cette région était ET reste soumise aux risques de tremblements de terre.

En 1708, la ville de Manosque fut détruite de fond en comble par un séisme dont on ignore la force exacte (voir le site de la ville www.villedemanosque.fr),NUCLEAIRE 01


Deux siècles plus tard Messine et Reggio de Calabre sont détruites de fond en comble (probablement 100.000 victimes), le plus gros séisme historiquement connu en Europe.

NUCLEAIRE 06

NUCLEAIRE 05L’année suivante, la Provence est frappée, grâce au ciel l’épicentre est si bien placé que seule la petite commune de Lambesc est détruite, il n’y a « que » quelques dizaines de morts. Ces deux dernières catastrophes sont encore présentes dans nos mémoires, vertus de la tradition orale transmise par l’un de mes grands pères alors en garnison à Salon-de-Provence et celui d’un de mes amis sicilien. On prie encore dans les familles pieuses de Sicile ou de Provence la Madone de Messine, dont la statue qui domine la Ville fut le seul monument miraculeusement épargné.


 

Et « pour mémoire » en 1923, 100.000 morts au Japon (Tokyo détruite), 1995, au Japon toujours, 5.000 morts à Kobé, restons en là !

Et pourtant, depuis une dizaine d’années, face à la croissance de ses besoins en électricité, la Thaïlande envisageait de construire des centrales nucléaires.

L'Autorité de production d'électricité de Thaïlande (EGAT), disposerait d'un budget de 6 milliards de dollars.... constructeur non encore choisi. Le site potentiel se trouverait dans l’une des huit provinces de Trat, Chumphon, Nakhonsawan, Suratthani, Ubonratchathani, Khonkaen, Kalasin ou enfin  Prachuapkiirikhan.

Et puis, le monde entier a vu exploser le bâtiment qui abrite le réacteur de Fukushima. Il parait qu’en japonais, ça veut dire « L’île du bonheur » ? Mis en service en 1970, c'est l'un des plus anciens au Japon. Il devait être fermé au mois de février. Mais, à la demande de l'opérateur Tepco, les autorités japonaises ont accordé un permis d'exploitation de dix années de plus. On connait la suite : séisme de 8,9 sur l'échelle de Richter, arrêt automatique de la centrale, tsunami qui inonde les installations électriques de secours, échauffement puis fusion partielle du cœur : un scénario catastrophe qui a mis les "experts" en sûreté nucléaire en défaut.  Après la catastrophe de Fukushima, il n'est plus acceptable de mentir sur les dangers du nucléaire, en particulier dans les zones sismiques. L'accident de Fukushima démontre que, même dans un pays réputé pour son expertise en matière nucléaire, le risque zéro n'existe pas. Le nuage nous épargne ... Il file vers l’ouest, 65 ans plus tard, les japonais renvoient la balle aux Etats-Unis.

 

Le site du Ministère des Affaires étrangères nous rappelle judicieusement que la Thaïlande est une  zone sismique. Le dernier séisme significatif a eu lieu le 8 mars 2007 à l'ouet du Loas près de la frontière thaïe (6.1 sur l'échelle de Richter. A la suite du séisme du 24 mars dernier en Birmanie (black out de la junte sur le bilan réel), ressenti en Thaïlande, le Roi (il a bien encore les pieds sur terre) s’est officiellement inquiété de l’impéritie des systèmes d’alerte et de secours.

 

Le 15 mars, 2.000 personnes manifestent dans les rues de Kalasin. 400.000 baths et 2.000 édredons perdus pour le lobby nucléaire ! Le nucléaire thaï est-il enterré ? Le Premier ministre Abhisit Vejjajiva affirme son opposition ferme au projet d'ouverture de centrales nucléaires en Thaïlande D'après le ministère thaïlandais de l'Energie, Abhisit assure que son gouvernement n'étudiera aucune proposition de construction de centrale et laissera la décision au prochain gouvernement qui devrait arriver après les élections attendues en juin ou juillet prochain. « Une centrale nucléaire requiert des mesures de sécurité significatives sur de nombreux plans, spécialement compte tenu de la vague récente de catastrophes naturelles et de l’augmentation du terrorisme » avait déjà déclaré dimanche le Premier ministre.

Sunchai Nilsuwankosit, directeur du département de développement de l'énergie nucléaire à l'université de Chulalongkorn, réagit à la déclaration du premier ministre: « N'utilisez pas l'émotion et la catastrophe pour décider de l'avenir du pays. Il est très difficile pour nous de trouver d'autres carburants que le gaz car il y a trop d'opposition à l'utilisation du charbon ». Il a certes raison. L’ancien président de la Société Nucléaire de Thaïlande, Pricha Karasuddhi, défend le nucléaire thaïlandais en rappelant que les réacteurs japonais étaient vieux de 40 ans et prêts à être déclassés. Il estime que la technologie moderne aurait pu prévenir l'accident de la centrale de Fukushima (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html mercredi 16 mars 2011).  Peut-être a-t-il raison lui aussi ? Je n’ai aucune compétence pour en juger ?

 

 En France, le réacteur le plus ancien est celui de Fessenheim. Il a été construit à partir de 1970 en bordure du grand canal d'Alsace, entre Bâle et Strasbourg, dans une zone d'activité sismique. Il a été construit avec les normes antisismiques des années 60 qui sont très éloignées des normes actuelles.

La ministresse de l'écologie (une polytechnicienne sauf erreur ?) explique que « la centrale de Fessenheim a été construite pour résister au risque sismique maximum constaté sur les 1.000 dernières années, augmenté d'une « marge de sécurité ». Quelle sotte  sirène de boniments ! Voilà bien une structure française typique, de gens qui se considèrent comme des élites, et qui pensent que c'est à eux seuls d'élaborer la stratégie énergétique du pays, et que la question ne concerne surtout pas le peuple. C'est avec les mêmes arguments que les Japonais ont prolongé l'exploitation du réacteur de Fukushima. Le désastre japonais démontre qu'il n'est plus possible de raisonner ainsi.

Ce que je suis assez grand pour comprendre c’est que raisonner sur 1.000 ans à l’échelle géologique, c’est grotesque et voisin de zéro et que « marge de sécurité », cela ne veut rien dire. Il y a eu un déluge universel, Dieu seul sait quand, qui est probablement responsable de la disparition de l’Atlantide et de la Ville d’Ys dont l’existence n’est peut-être pas légendaire. Sans entrer dans les mythes, le premier tremblement de terre historiquement connu avec certitude est celui qui a ravagé Spartes 464 ans avant Jésus-Christ (presque 3.000 ans) et celui qui a détruit Rhodes et son colosse 238 ans plus tard, et le plus meurtrier, celui de Shaanxi  en Chine le 23 janvier 1556 (830.000 victimes).

Ce que je sais, c’est que l’échelle de Richter n’est pas linéaire mais logarithmique et que par rapport à 8,9, on peut faire beaucoup mieux. 6 ce n’est pas 5 + 1 mais 5 x 10 ! Le chiffre le plus fort enregistré serait celui du Chili en 1960 à 9,5 (alors qu’on arrête l’echelle à 9 ?), 7 ou 8 fois plus violent que celui de Fukushima.

Je ne suis pas un anti-nucléaire primaire, mon tout petit bagage scientifique me permet de rester objectif, mais il me semble tout de même qu'on joue avec le feu depuis trop longtemps. D'autant que ceux qui veulent nous faire croire que nous n'avons pas le choix et que le risque reste raisonnable sont tout de même de fieffés menteurs !

« Personne ne pourra jamais garantir qu'il n'y aura jamais d'accident nucléaire grave en France » lâcha il y a quelques jours André-Claude Lacoste, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire en France (ASN), il fait frémir.

 

Je suis assez grand pour comprendre, sans faire trop de mauvais esprit, qu’un budget de 6 milliards de dollars permet de faire beaucoup, beaucoup de cadeaux auprès desquels un bon édredon et deux billets rouges pour acheter l’opinion de quelques pauvres Isans, ne sont que broutilles.

« L’histoire du lobby nucléaire est un mythe absolu... S’il existe je ne l’ai jamais rencontré » a dit le 15 mars dernier au micro de RTL le ministre de l’industrie, Eric Besson en dépassant le mur du con.

 Moi, je l’ai rencontré le lobby, je dors sous son édredon.



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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 03:01

suthepArticle 21 :  « Je ne respecte pas les farangs » a déclaré le vice-premier ministre .

 

Bigre, celle-là nous l’avons lue dans notre presse francophone il y a quelques jours, c’est ce qu’ aurait déclaré le vice-Premier ministre Suthep Thaugsuban (Voir en particulier http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html du vendredi 25 mars 2011).

 

Il faudrait aussi apprendre à lire et à respecter ce que disent les autorités thaïes, avant de jeter l’opprobe, en utilisant une phrase tronquée.

 

Je n’ai malheureusement pas trouvé le texte original du numéro 2 du gouvernement (quel mot a-t-il employé dans sa langue maternelle ?) ce qui m’aurait intéressé compte tenu de l’inimaginable subtilité du vocabulaire thaï pour manifester le « respect ».

Il est indispensable de situer cette phrase dans son contexte, soyons donc complets : « Je ne respecte pas les farangs, (une virgule et non un point !) nous n’avons pas à nous en remettre à eux »  a-t-il déclaré en rejetant la proposition d’observateurs étrangers pour les prochaines élections, annoncées pour début juillet 2011.

 

Il juge en effet « inappropriée » une présence extérieure lors du prochain scrutin, la  Thaïlande n’ayant jamais officiellement autorisé des observateurs étrangers à superviser ses élections.

Nous y voila !

Nous constatons depuis plusieurs années l’envoi massif par la « communauté internationale » (un mot vide de sens à moins qu’il ne fasse allusion à ce que le Général De Gaulle – qui avait le sens de la formule – appelait  « le machin ») ou par les Communautés européennes d’observateurs dans tous les pays non occidentaux à chaque élection pour en vérifier la régularité au motif qu’ils n’ont pas forcément du système « démocratique » la même conception que nous.

 

 

Tintin SovietEt qu’ils n’ont pas non plus de la « liberté » la même conception que les maîtres du monde.

Est-ce là le moyen pour des fonctionnaires internationaux de faire du tourisme à peu de frais ? Qui les paye en effet et combien sont-ils payés ? Silence pesant. Un voyage en Thaïlande aux frais de la princesse, ce n’est jamais désagréable.

La Thaïlandea-t-elle donc besoin d’ « observateurs » internationaux pour surveiller les élections à venir ? 

Rappelons tout d’abord qu’il existe un organisme appelé « Asian network for free elections » ANFREL (« réseau asiatique pour des élections libres ») à l’intervention duquel, depuis sa création (1997), la Thaïlande ne s’est jamais opposée, notamment en 2007, ses rapports sont à votre disposition sur son site  (www.anfrel.org)Thai mission 2007

 

 

« Non aux observateurs étrangers pour surveiller nos élections » martèle la journaliste tunisienne Rakia Moalla-Fetini en continuant « Est-ce que vous imaginez la Grande Bretagne, l’Allemagne, ou les Etats-Unis nous donner à nous, Tunisiens, le droit de surveiller leur scrutin ? ».

Il est clair que la surveillance du processus par des groupes nationaux organisés, observateurs indépendants est un instrument important de garantie de l’intégrité électorale. Ils peuvent recueillir l’information par des équipes d’observation, analyser le déroulement démocratique du processus électoral, évaluer la qualité de l’élection et publier leurs constatations. Ils peuvent être efficaces comme protecteurs de l’intégrité, particulièrement dans les pays en voie de transition démocratique. Par leurs activités, ils encouragent la transparence et contribuent ainsi à donner au public confiance envers l’intégrité du processus. 

Il en est un exemple remarquable lors des élections de 1997 au Kenya. Les organisations de la société civile ont formé plus de 28.000 observateurs nationaux. Ceux-ci ont été placés dans près de 12 600 bureaux de vote et à tous les centres de dépouillement. Cette présence, qui s’est fait sentir partout, a encouragé la participation électorale (Barkan, Joel et  Njuguma Ng’ethe, « Kenya Tries Again », Journal of Democracy, 9, 1998).

Même observation en Indonésie en 1999 où 600.000 observateurs nationaux ont observé les élections et aidé à assurer l’intégrité des résultats par une étroite surveillance du dépouillement

Quels sont les avantages de l’observation nationale, (qui me paraît tout de même une question de bon sens) ?

Il y a peut-être des cas où la présence d’observateurs étrangers est utile, élections en situation de guerre (et encore ? à quoi ont servi les « observateurs internationaux » en Irak, en Afghanistan ou au Kosovo ?)

Les  observateurs nationaux offrent d’immenses avantages par rapport aux internationaux. Ils peuvent plus facilement se présenter en grand nombre, même par milliers. Ils connaissent la culture politique, la langue, l’écriture et le territoire, ils sont capables de voir ce qui peut passer inaperçu aux étrangers. Ils sont mieux à même d’accomplir certains types de surveillance spécialisée : C’est le cas par exemple du registre des électeurs, le processus de plaintes, les cas d’intimidation et de violation des droits de la personne et la surveillance de la presse, toutes opérations nécessitant de savoir lire ! Combien d’ « observateurs internationaux » parlaient et surtout lisaient les dialectes irakiens, afghans ou albanais ?

Les « jaunes » ont été capables de mobiliser des dizaines de milliers de personne pour bloquer le trafic aérien, voila un immense réservoir potentiel d’observateurs possibles. Les « rouges » ont mobilisé des dizaines sinon des centaines de milliers de personne, voila encore un immense réservoir potentiel d’observateurs possibles.

L’armée a réalisé un coup d’état la fleur au canon sans verser une goutte de sang, elle est bien capable d’assurer le respect de l’interdiction de consommation d’alcool le jour du scrutin et, plus sérieusement, de parer à des menaces d’intimidation mais la situation de la Thaïlande en 2011 n’est pas celle du Cambodge en 1998.

Y aurait-il un seul (je dis bien UN seul) « observateur international » capable de baragouiner et à fortiori de lire un seul mot de thaï ?

100 0866Regardez donc ce bureau de vote (des élections locales en 2008) et dites-moi donc s’il n’est pas « transparent » ? Il est comme tous les bureaux de vote que j’ai aperçu dans nos campagnes au fils des années au hasard d’élections.

TintinSommes-nous ensuite bien placés pour donner des leçons de démocratie à la Thaïlande ?Imaginons un moment que (merci Madame Rakia Moalla-Fetini !) la Thaïlande ou la Tunisie avaient envoyé des « observateurs » africains ou asiatiques surveiller nos élections ou celle des autres, quels rapports auraient-ils fait à la « communauté internationale ...... Un observateur de Paris envoi un dessin sans commentaire superflu :

Bien avant, un Tunisien qui trainait ses guêtres aux États-Unis aurait fait rapport à la « communauté internationale »:  « de Washington, ce 9 novembre 1961, le démocrate John Kennedy devient le 35ème président des États-Unis en défaisant le candidat républicain Richard Nixon. Il a obtenu 34.221.349 votes (49,7%) contre 34 108 546 (49,5%), mais devance ce dernier au chapitre des grands électeurs, 303 contre 219. Toutefois, des rumeurs circulent sur le fait que son père, Joe, aurait utilisé ses liens avec la mafia américaine pour que certains comtés décisifs votent bien......»

Nous sommes aux États-Unis toujours, bien des années plus tard, c’est cette fois un thaï qui fait rapport à la « communauté internationale » : « Le républicain George Bush a été élu 43èmeprésidentdes États-Unis en défaisant le vice-président sortant, le démocrate Albert Gore. Bush obtient 50.460.110 votes (47,9%) contre 51.003.926 (48,4%) pour son adversaire, mais il devance celui-ci au chapitre des grands électeurs, 271 contre 266. Il circule de bien étranges rumeurs sur la victoire républicaine qui repose sur une majorité de quelques milliers de votes seulement en Floride. Il y a eu un recomptage controversé qui laisse un goût amer aux démocrates.... ».


M. le vice-premier ministre Suthep aime les déclarations intempestives et souvent provoquantes, mais  il n’a fait ici que revendiquer le droit légitime des Thaïs d’organiser et de  « surveiller » le bon déroulement de leurs  éléctions.

 

On peut penser qu’il y a bien d’autres problèmes bien plus sérieux que celui- là, surtout quand les derniers « résultats » ont été confisqués par l’ Armée.

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 05:57

L400xH293 jpg LogicielsLibres-28281-1dea8Comment Internet dissout la propriété intellectuelle de jean Duvivier, sur Agora vox du 4/4/2011

La notion de propriété intellectuelle n'est, pour moi, qu'un stimuli économique comme un autre sans aucune valeur morale intrinsèque. Internet en montre sa véritable et unique dimension qui est strictement celle d'une arme économique : un monopole exercé comme une contrainte du plus fort vers le plus faible. Condorcet voulait en supprimer la notion à l'époque de la révolution française au nom de l'égalité et de la justice ("tout monopole est intolérable"), Internet , lui, la dissout ; la PI (propriété intellectuelle) n'a plus aucun sens dans la société numérique.


Qu'est-ce que la propriété intellectuelle ?

"La propriété intellectuelle est l'ensemble des droits exclusifs accordés sur les créations intellectuelles. 

Sa première branche est la propriété littéraire et artistique, qui s'applique aux œuvres de l'esprit, et est composée du droit d'auteur, du copyright et des droits voisins. La seconde branche de la propriété intellectuelle est la propriété industrielle. 

Celle-ci regroupe elle-même, d'une part, les créations utilitaires, comme le brevet d'invention et le certificat d'obtention végétale, et, d'autre part, les signes distinctifs, notamment la marque commerciale, le nom de domaine et l'appellation d'origine. (Cf Wikipedia)." (1)

Elle apparait très tôt puisque des droits exclusifs ou monopoles sur les recettes de cuisine dans la grèce ancienne sont déja signalés, mais elle prend réellement son essor dans l'explosion de la société mondialisée libérale où généralement les entreprises dominantes d'un secteur imposent aux entreprises dominées le respect des droits exclusifs qu'ils possèdent, afin de les empêcher de leur faire concurrence à terme. La PI (propriété intellectuelle) est une arme économique offensive avant tout.

En matière de droit d'auteur ou copyright (chansons, textes, écrits), elle a surtout été le prétexte de la mise en place de lois visant à contrôler simplement les dires et les écrits de tout le monde (LCEN. DADVSI. HADOPI en France par exemple) sans que le public y trouve un quelconque interêt.... D'arme économique elle est devenue une arme politique déguisée en "monsieur la morale" (tu ne voleras point).

Paradoxalement les tenants des licences libres au lieu d'écorner ces notions de propriété intellectuelle "arme économique" "confiscatrice" ont créé à leur tour une nouvelle forme de propriété "excluante", en donnant à la PI des vertus "morales" donc plus difficilement attaquables. Les licences libres ont réussi à faire basculer la PI dans le domaine de la morale individuelle au même titre que l'étiquette, le respect de l'autre ....

Ils ont réussi à insuffler les germes d'une PI "existante par elle-même" et s'imposant naturellement comme un axiome de notre société occidentale, libérale et bienpensante.

Solide contre liquide

La PI tire sa force des aspects solides et finis des objets sur laquelle elle porte. Un livre a un début, des pages, une fin ...et il est parfois facile de reconnaitre des copier/coller d'un auteur à l'autre. Bref le Livre est un objet "fini" "quantifiable" et "reconnaissable". Un brevet qui s'exerce sur une plante porte les mêmes qualités : on connait la plante, on peut "la toucher", la cueillir bref...elle a une existence matérielle vérifiée et vérifiable. C'est ce que j'appelle "l'aspect solide du monde" c'est-à-dire celui qu'on peut toucher, voir ou manipuler sans que cette action n'en juge la nature.

Les arguments de la PI sont alors faciles car chacun reconnaitra qu'une absence de livre est palpable, que quand vous coupez la plante elle ne vit plus ..bref... les conséquences des violations de la PI sont faciles à expliquer et là encore "montrables". La copie d'un livre est facile à démontrer car l'objet n'évolue pas en fonction de son lecteur ou de son manipulateur.

Internet - lui - ne permet pas d'opposer les mêmes arguments car le web est liquide. C'est bien pour ça que j'avance le fait qu'il "dissout la PI".

Quand une musique sous forme MP3 est "multipliée" il n'y a aucune preuve que l'original ne s'en trouve péjoré. Des études d'Harvard ou de l'Université de Rennes montreront même que c'est l'inverse qui se produit. (2). 

Quand un article sur internet utilise "le web" c'est-à-dire introduit des liens vers des sites externes, le caractère "fini" de l'objet n'existe plus. Il devient liquide c'est-à-dire que le texte évolue aussi sans que l'auteur initial n'en soit la cause ou en ait la volonté, car ces citations (c'est le cas des sites cités avec des hyperliens) évoluent elles-mêmes sans qu'aucun contrôle ne soit possible dessus. L'article sur article est donc liquide et aucun des attributs traditionnels de la PI ne peuvent logiquement s'appliquer sans des contorsions oratoires.

Quand des internautes posent des commentaires qui illustrent l'article ces contributions externes non voulues par l'auteur finissent par faire parties de l'article au même titre que l'article original. L'oeuvre liquide est forcement collective car elle se nourrit de tous "les autres liquides" qu'elle croise quand elle fait son chemin ("sa diffusion") ; chemin qui est indépendant des desirata de l'auteur original encore une fois. 

L'interaction induite par la discussion ouverte sur un article posé sur Internet fait que l'article évolue et change en fonction des lecteurs à cause de la non linearité de lecture via les hyper-liens ; toute volonté de vouloir en définir un contour fixe - donc copiable et comparable - est vouée à l'échec. 

Pragmatisme contre utopie

Il est impossible de protéger un contenu qui évolue avec le temps, change de support et offre une discussion illimitée et intemporelle. Toutes les tentatives (DRM, ect..) visant à contraindre le contenu à ses attributs commerciaux sont vouées à l'échec car elles vont à l'encontre de ce qui en fait sa valeur : sa diffusion .

Il faut donc partir du constat que vos contenus seront copiés que vous le vouliez ou non et donc les construire dans cette optique en y plaçant un ensemble d'éléments (publicités, liens divers) qui vous serviront directement même si "le sourcing" n'est pas établi. Seul l'ego peut en prendre un coup au passage mais c'est le prix à payer pour profiter du grand océan qu'est devenu le web.

Accrocher des licences visant à établir une "propriété" sur des contenus impossibles à protéger, changeant, s'enrichissant avec vos lecteurs et copieurs est une utopie qui amènera ceux qui s'y accrochent à des désillusions sévères ou des banqueroutes.

Etes-vous propriétaire de l'eau dans votre lavabo avant qu'elle coule et le quitte ? Savez-vous quelles sont les goutelettes d'eau qui vous appartiennent réellement ? Quand vous proclamez qu'un écrit posté sur Internet vous appartient vous êtes à la recherche des ces gouttes d'eau.

Les moines copistes du Moyen âge sont les premiers pirates

Les premiers pirates de l'histoire sont sans doute les moines copistes qui copiérent et copiérent sans que les auteurs originaux des livres copiés ne soient un jour ou l'autre rétribulés, remerciés ou même parfois cités. Ils transmettaient la connaissance, vertu qu'ils considéraient comme supérieur à toute forme d'ego, forcement égoiste et personnel placé dans un écrit. Finalement ces livres copiés doivent leur survie à cette même copie - à leurs diffusions - et non aux écrits eux-même en tant que tels.

Il en va de même d'une partie du savoir actuel que la PI "confisque" pour le seul profit des détenteurs des monopoles. 

Une partie des pirates d'aujourd'hui sont donc certainement sans le savoir les dignes hériters des moines copistes ; la transmission et la diffusion sont des principes plus utiles à nos sociétés que la confiscation, même si l'idée d'une paternité "morale" sur une oeuvre a pris dans nos sociétés une dimension morale.

 

(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Propri...

(2) http://www.agoravox.fr/actualites/e...

par Pierre Jean Duvivier (son site) samedi 26 mars 2011 -  

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 03:05
 

1244-01 Article 20 : 90 % des logiciels piratés en  Thaïlande !

 C’est le « scoop » de ces derniers jours : la Thaïlande devrait être condamnée  car 90 % de ses ordinateurs auraient des programmes « piratés »... La télévision, les quotidiens ou Internet, tous crient  haro sur ce pays indigne.

 Et pourtant le département du commerce extérieur américain a publié le 30 avril dernier une liste des pays « à surveiller en priorité » pour leur usage abusif de la contrefaçon.


La « 
priority watch list » établit le classement des 12 pays présentant le plus de risques pour la « santé financière du pays ».La Russie et la Chine occupent toutes les attentions du communiqué officiel, suivies par l’Argentine, le Chili, l’Égypte, l’Inde, Israël, le Liban, et ensuite seulement viennent la Thaïlande, la Turquie, l’Ukraine et le Venezuela.


Il n’est pas  sûr que les USA  arrivent à nous faire pleurer sur leur santé financière, ni la  télévision française à nous convaincre de l’évidence du vol présumé.

 

Si je vole une pomme ? Elle va manquer à l’arboriculteur. Mais si je « vole » un programme ? va-t-il   manquer à son concepteur, si je « vole » une chanson, va-t-elle manquer à son artiste ? si je vole une idée, disparait-elle ? ou se multiplie-t-elle ?  

 

Le premier homme qui inventa le feu en fit profiter l’humanité tout entière sans breveter son invention pas plus que l’autre génie inconnu qui a inventé la roue. Aucune des inventions de Léonard de Vinci n’ont fait l’objet d’un dépôt de brevet en bonne et due forme.

 

logiciel-pirateDe même, il ne peut pas exister de contrefaçon scientifique puisque les découvertes purement scientifiques ne sont pas susceptibles d'un droit légal......

Il y a de quoi être effaré de la tournure que prend ce débat, tout se passant comme si ces droits, protection des auteurs, compositeurs, inventeurs,  étaient des acquis depuis toujours.Le droit d’auteur n’existe en fait que depuis peu.

Avant que ne soit inventée l’écriture, le conteur s’emparait d’un mythe et l’arrangeait à sa manière ... Moïse, Homère, le Ramayana ...Vint l’écriture, le prix du livre était le prix du travail du copiste et non celui de son contenu.

Arriva Gutenberg. Les artistes vivaient du mécénat. La plupart des œuvres étaient des commandes. Le commanditaire devenait propriétaire de l’œuvre une fois celle-ci payée. L’artiste n’était payé qu’une seule fois pour le travail accompli.

Le droit d’auteur  n’existait pas plus que celui des inventeurs. Le plagiat était monnaie courante mais à l’époque personne n’aurait songé à intenter un procès pour plagiat.

On ne va pas refaire l’historique des lois qui depuis le XVIIIème siècle, vont  ensuite protéger  les auteurs. Certes, la Loi sur la propriété intellectuelle se justifie mais ne se justifie cependant que par la nécessité de trouver un équilibre entre l’intérêt public et l’incitation à innover.

 

Arriva le « Cyber espace » et son big bang avec internet,  la mise en réseau des ordinateurs, la possibilité de télécharger gratuitement , de recopier librement à l’infini, et ses nouveaux « pirates ».  Le choc avec la propriété intellectuelle était inévitable, le choc entre  les propriétaires de logiciels et leurs  consommateurs.

 

images (1)Où est aujourd’hui l’équilibre entre le droit légitime des auteurs ou inventeurs et celui non moins légitime du public ?

 

Les pays ont une approche différente de la propriété intellectuelle, selon qu’ils sont importateurs ou exportateurs tout simplement ! Les Etats-unis se sont séparés de la mère patrie parce qu’ils ne voulaient pas payer de droits à l’Angleterre. 250 ans plus tard, ils adoptent très exactement la position de l’Angleterre à leur égard il y a deux siècles et demi.

Internet est-il seul à avoir déchainé les passions des ayants droit ? Que non pas ! Rappelez-vous donc le foin déclenché par l’arrivée des lecteurs-enregistreur double K7, des magnétoscopes ou des graveurs CD de salon.

L’art devenant une marchandise, le comportement des artistes s’est distingué entre ceux qui cherchent la postérité et ceux qui cherchent le profit immédiat.

Tout ceci pour aboutir à un constat tout simple : 

La protection des droits d’auteur ou inventeur n’a jamais servi les intérêts des vrais talents. Les droits ne servent qu’à ceux qui recherchent le profit : artistes bidon, maisons de disques, éditeurs, commerçants, industriels. Ce n’est plus le talent de l’écrivain qui lui attribue le prix Goncourt, c’est la puissance financière de son éditeur. Les droits  nourrissent les parasites de la création, jamais les vrais artistes ou les inventeurs de génie.

D’une manière générale, le principe du droit d’auteur et de toute propriété intellectuelle, sous sa forme actuelle est mort. Le courage politique aurait voulu que soit lancé un vrai débat sur le statut de l’artiste, de l’inventeur, la création..

L400xH293 jpg LogicielsLibres-28281-1dea8Et la contrefaçon des logiciels, là dedans ? Elle est une activité économique comme une autre.  Elle exige ingéniosité, investissement, labeur et technique commerciale. Le petit informaticien thaï qui travaille dans un hangar près de chez moi et qui est capable de « craquer » en dix minutes un disque original de Windows ou de Photoshop n’est pas un criminel ! Ce n’est en effet ni un crime, ni du terrorisme comme nous le font accroire les capitalistes avides de gros sous. Il devrait en être de même pour toutes les inventions que ce soit dans le domaine technique, biologique, philosophique, artistique ou plus imbécilement du luxe.

On réduit tout à l’argent alors que tout effort devrait servir à la communauté humaine. Non satisfaits d’être bedonnants,  les financiers  tentent de culpabiliser les pauvres en associant le non respect de la propriété intellectuelle au crime et au terrorisme !

On reproche au copieur une concurrence déloyale. Mais déloyale pour qui ? Certainement pas pour le déshérité pour qui copier est un moyen comme un autre de survivre

C’est grâce à la contrefaçon que les pays asiatiques, la Corée, Taiwan, la Chine, l’Inde, la Thaïlande et ailleurs le Maroc, la Turquie, le Mexique ont saisit leur chance pour nourrir leur population en égalant le niveau économique des plus riches.

Si l’on doit condamner un pirate, ce doit être uniquement parce qu’il a mal copié l’original, et qu’il n’a pas respecté les normes de sécurité des jouets par exemple ou si la molécule du médicament n’est pas la bonne. En effet, dans ce cas, c’est dangereux voire criminel.


Alors 90% des logiciels sont piratés en Thaïlande ! Est-ce réellement la faute des pirates thaïs ? Vous avez dû vous rendre compte que nous le pensions pas. 

 


Nota. Utiliser intentionnellement le même vocable, « pirate », pour qualifier le copieur ou l’utilisateur de la copie et le mettre moralement au même rang que le voyou qui pirate les codes d’une banque pour s’insérer dans son système informatique et se remplir les poches est purement et simplement abusif.

 

 

 

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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 04:04

 

Copy of preahvihear proposed for inscription on unesco Que vient faire Google Earth au temple de Preah Vihear ? 

 Le gouvernement cambodgien a envoyé le 4 février dernier une lettre peu amène au géant américain de l’Internet Google, pour dénoncer l’application Google Earth qui fait figurer « une bonne partie » du Temple Khmer de Preah Vihear en Thaïlande.

 

Cette lettre précédait la visite le dimanche suivant du Premier ministre cambodgien Hun Sen. Tout cela n’a pu que raviver la « tension » entre les deux voisins qui clament tous deux l’appartenance de ce temple du 11ème siècle à leur territoire national, tension à laquelle la France n’est pas totalement étrangère.


Le porte parole du gouvernement cambodgien, Phay Siphan, a déclaré à l’agence de presse allemande DPA qu’il avait envoyé une première lettre à Google il y a trois ans, pour lui demander de remédier à cette difficulté mais qu’il n’avait pas été honoré de la courtoisie d’une réponse.


Le 4 février, il s’est rappelé au bon souvenir du géant de Mountain View en des termes vigoureux : il appelle ainsi Google à modifier la démarcation de la frontière, jugeant « radicalement trompeur et totalement aberrant » le tracé retenu par Google Earth, qui place près de la moitié du temple en Thaïlande. Surtout que son Territoire avait déjà été « grignoté » – dit-il- par le royaume de Siam et le Viêt-Nam, au 19ème siècle sous le protectorat de la France, puissance coloniale contrôlant l’Indochine à cette époque.


En 1904, la France et le Siam se réunissaient ainsi pour trouver une frontière. Les Français ont alors déterminé un plan précis suivant la crête du massif montagneux de Dângrêk que les autorités siamoises de l’époque signèrent sans objection.


Le coeur du litige est justement que la France a intégré le temple de Preah Vihear dans le territoire cambodgien alors que celui-ci se situe pour partie sur le versant Thaï du massif.

 

Durant la période de la présence française en Indochine, les questions frontalières connurent une certaine stabilité. Chaque pays, se basait alors sur les cartes et les tracés établis par la puissance protectrice. Il n’en fut plus de même lors de la décolonisation. La Thaïlande prit possession du temple jusqu’à ce que la Cour internationale de Justice l’attribue au Cambodge en 1962, en s’appuyant sur les plans français, et au motif que la règle de la crête du massif « n’était que verbale et destinée à aider au tracé ».  N’épilogons pas sur le caractère extravagant de cette motivation. Bonne ou mauvaise, légitime ou pas, ce n’est certes pas à Google d’en juger !

 

Prémonitoires furent les paroles du Général De Gaulle à Phnom-Penh le 1er  septembre 1966 : « Cambodge… une terre féconde, aux frontières vulnérables, entourée d’ambitions étrangères et au-dessus de laquelle le péril est sans cesse suspendu » ?

 

Les tensions entre la Thaïlande et le Cambodge auraient pu s’apaiser lorsque les deux pays trouvèrent un compromis, la première reconnaissant l’appartenance du temple au Cambodge pendant que ce-dernier conférait un accès libre aux Thaïs depuis leur versant du massif.


Mais la querelle ressurgit en 2008, lorsque le Cambodge souhaita faire entrer Preah Vihear au patrimoine mondial de l’UNESCO. Une décision soutenue par le gouvernement Thaï d’alors, encore dévoué à l’ex-premier ministre Thaksin Shinawatra, en exil depuis le coup d’état militaire de 2006 et sa"condamnation" pour corruption.

 

Il n’en fallait pas plus aux opposants du Parti Démocrate pour faire peser sur le gouvernement des accusations de corruption et de vente du territoire national.

Coïncidence ou pas, Thaksin Shinawat, richissime homme d’affaire et politicien mégalomane, a un projet de construction d’une ville nouvelle au Cambodge. C’est ce qui a fait naître dans l’esprit de nombreux Thaïs des soupçons de trahison à l’encontre de l’ex-premier ministre. Des doutes renforcés en octobre 2009 lorsque Thaksin revint aux affaires… quand le Cambodge lui confia un rôle de conseiller économique.


Et Google dans tout ça me direz-vous ? La carte de Google Earth, qui montre la ligne de frontière en jaune passant au milieu du temple, est « contraire à la réalité, fausse, professionnellement irresponsable, voire prétentieuse » affirme le porte-parole du gouvernement cambodgien.


Dans tous les cas, et après son esclandre chinoise, Google n’en finit plus de faire dans la politique. Faut-il tempérer en estimant que cette « erreur » de délimitation pourrait n’avoir rien de volontaire ?

 

Rien n’est moins sûr...

 

Google n’en est pas à sa première facétie géographique ou géo-politique !

 

Un autre exemple ? Le Qatar a été désigné comme médiateur dans un conflit frontalier concernant l’Erythrée et Djibouti il y a trois ans, consécutif (encore) à la délimitation frontalière coloniale. Les qualités diplomatiques de l’émissaire quatari ont heureusement réglé cette question..... hors toute référence à Internet !

 

Google, ce n’est ni la Loi ni les prophètes ni les saintes-écritures. Ne citons que pour mémoire les nouvelles poursuites engagées par la Commission européenne en février dernier, qui a ordonné une enquête pour déterminer si le moteur de recherche ne trafiquait pas un « tantinet » ses résultats et ses algorithmes. Va-t-on parler de bonne foi ?

 

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 04:05

islam 02Après notre Article 12 : Terrorisme ou insurrection séparatiste dans le Sud ? , nous pouvions nous demander comment devenir un « terroriste islamique ».

Des propos d’un ami n’expliquent certes pas ce que peuvent penser tous les  terroristes du monde, mais il indique pour le moins ce qu’un « ismalophile» français, en tous cas un français effaré de l’islamophobie galopante qui pollue le prochain débat électoral français, peut penser :


  

Il commence ainsi :


"L'islam est devenue la spiritualité des révolutionnaires au service de la vérité et de la justice contre le nouvel ordre mondial. Cet islam-là existe dans le coeur de chaque être humain, il suffit de l'écouter. Si les catholiques et les bouddhistes le comprennent et font alliance avec les musulmans au lieu d'en avoir peur, la partie est gagnée ! Les manifestations agressives de l’Islamisme sont le fruit amer des idéologies occidentales semées en terre d’orient, tout autant que de la thaïfication semée dans le sud, culte de la nation, de l’identité culturelle, des critères occidentaux, fruits de la « pensée unique » visant à établir ici-bas la « société idéale ».


Il s’explique : 

« Notre » Occident a converti le monde entier au règne de l’argent, à la religion de la consommation à outrance et du rendement, au fétichisme de la marchandise, au culte de la productivité et à l'intégrisme du Progrès, le tout accompagné d’un écrasement impitoyable des cultures traditionnelles (la Thaïlande en est un magnifique exemple) et de la promotion d’une imbécillité générale mise au service d’une dictature mondialiste en devenir.


Il donne des arguments 

Qui réagit aujourd’hui à cette décrépitude occidentale ?

Qui a précieusement conservé, comme un diamant, un haut degré de spiritualité qui s’oppose radicalement à la dictature de l’argent ? L’islam ! Dans l’islam, Dieu seul possède. Le Coran condamne sans réserve celui « qui amasse des richesses et qui les compte » et la sagesse musulmane lutte chaque jour contre l’usure, contre la thésaurisation, contre l’accumulation inégalitaire des richesses. Par l interdiction du riba, le fric gagné sans travail. Par l’institution du zakât, le prélèvement sur le capital qui a pour mission de purifier la richesse.

Si on demande tant, depuis longtemps, à l'islam de s'occidentaliser, c’est pour qu’il entre dans le Système, qu’il accepte les diktats du FMI et en croque à son tour. Qu’il renonce à ses préceptes pour cesser de résister. Et pourquoi le somme-t-on de le faire d’une façon si rude et inhumaine ? Parce qu'il ne peut pas, par essence, s’assimiler à ce mode de vie décadente, sauf à se renier totalement comme certains pays dits islamiques et renégats l’ont fait. Il y a bien sûr des résistants dans toutes les religions, y compris dans le bouddhisme et le judaïsme, mais aujourd’hui aucune religion plus que l’islam n’est à ce point opposée au modernisme dans ce qu’il a de plus bas et veule. Par conséquent, aucune révolution d’envergure ne se fera sans l’islam, devenue l'avant-garde de toutes les contestations du monde présent.


Il donne des exemples : 


Les jazzmen américains l’avaient compris très tôt ; comme Malcolm X, évidemment ; comme Mohamed Ali, même s’il a depuis baissé sa garde. On le constate aujourd'hui en France, c’est l’islam qui est en train (même malgré lui !) de secouer la société française ronflante
. 

Et si, d'après moi, les musulmans doivent s'allier aux bouddhistes et aux catholiques, c'est parce ceux-ci, s'ils ont le courage de revenir à leurs valeurs d'origine, sont également des révolutionnaires dans l'âme : il y a du Saint-Just chez Jésus quand il chasse au fouet les marchands du Temple ! Depuis l’affaire Williamson, Benoît XVI (à qui les sionistes ne pardonnent pas non plus de vouloir béatifier le vénérable Pie XII, pour qui le grand rabbin de Rome s'était pourtant converti à la religion catholique en 1945, en remerciement de ce que le Pape avait accompli pour sa communauté durant la guerre) est devenu leur ennemi irréductible à son corps défendant, bien qu'il ne cesse de leur donner gage sur gage.

Et, bien sûr, il va citer des paroles de Dieu ; aujourd’hui l’Evangile, demain le Coran ? : 

Et puis, il n’y a rien à faire : l’Évangile de saint Jean leur reste en travers de la gorge ! Et combien d’autres paroles du Christ, d’ailleurs ! Tiens, au hasard : Matthieu 23, 33-35 : « Serpents, engeance de vipères ! comment pourrez-vous échapper à la condamnation de la géhenne ». Luc 9, 41 : « Race incrédule et perverse, jusqu’à quand serai-je avec vous et vous supporterai-je ? ». Et encore Jean 8, 44 (c’est toujours Jésus qui s’exprime) : « Vous êtes du diable, votre père, et ce sont les désirs de votre père que vous voulez accomplir. Il était homicide dès le commencement et n’était pas établi dans la vérité, parce qu’il n’y a pas de vérité en lui ; quand il profère le mensonge, il parle de son propre fonds, parce qu’il est menteur et père du mensonge. 

Qui fustige Saint Jean ?  Tout simplement les « marchands du temple », les tentacules de l’argent envahisseur. Aujourd’hui, ce sont ceux qui sont responsables de plus d’un million de morts en Irak pour le plus grand bénéfice des compagnies pétrolières anglo-américaines, qui assistent sans broncher au massacre des bouddhistes birmans pour la plus grande gloire de Total et qui s’interrogent sur le point de savoir comment récupérer le pétrole lybien que Khadafi, avant de devenir fou, avait nationalisé.

 


 



 


 

Certes certaines idées sont à prendre en compte : les marchands du temple sont toujours présents, le monde « occidental » a aussi sa part de responsabilité dans la marche du monde , mais de là à penser qu’ « aucune révolution d’envergure ne se fera sans l’islam, devenue l'avant-garde de toutes les contestations du monde présent » !!!

Et pourtant, je peux vous assurer que cet  ami est « intelligent », « cultivé », « Français », de religion catholique, alors imaginer un habitant des provinces du Sud de la Thaïlande, avec son Islam, sa langue, ses traditions « malaises », et qui a eu à partie avec l’Armée thaïlandaise et qui entend le prêche d’un Iman « révolutionnaire »....

Oui, nous n’avons pas fini de parler d’un « terrorisme » islamiste.

 

 

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 04:02

censure 2 Notre article 14 dénonçait la censure en Thaïlande, il nous a paru « honnête » de signaler que : Dans son bilan sur la liberté d'expression sur le Net, la France est placée "sous surveillance" par Reporters sans frontières  

Tunisie, Egypte, Algérie, Iran…A l’heure de multiples soulèvements populaires, Reporters sans frontières a publié un bilan de la situation de la liberté d’expression en ligne dans les 10 pays qualifiés « d’ennemis d’Internet » et les 16 pays « placés sous surveillance ».

Triste privilège : à l’occasion de la Journée mondiale contre la cyber-censure organisée par RSF (12 mars 2011), la France est désormais classée dans cette dernière catégorie.


Pourquoi cette distinction ?

La France vient d‘être placée sous surveillance par Reporters Sans Frontières, cela à l’occasion de la Journée de la cyber-censure de ce samedi 12 mars 2011. Voici une “étiquette” dont le pays des Droits de l’Homme se serait bien passé, et la France rejoint du coup des pays comme la Corée du Sud, la Lybie, la Malaisie, ou le Sri Lanka (pour ne citer qu’eux). RSF part du principe que de nombreux médias traditionnels sont sous la coupe des gouvernements, et que ces derniers n’ont pas de pouvoir sur cet espace de liberté et d‘échange qu’est Internet. Ils peuvent alors mettre en place un filtrage et un tas d’outils pour contrôler le Web… ou pas.

Reporters Sans Frontières (RSF) fait une distinction entre les ennemis d’Internet qui sont les pays jugés comme les plus répressifs envers Internet et les pays sous surveillance. Dans l’attirail répressif des pays “ennemis d’Internet”, on trouve un filtrage des contenus très prononcé, des moyens mis en place pour pourchasser les cyber-dissidents, de la propagande en ligne et des difficultés manifestes d’accès à Internet. Parmi les pays qualifiés “d’Ennemis d’Internet”, on trouve la Corée du Nord, Cuba, l’Iran, l’Ouzbékistan, la syrie, le Turkménistan, le Viêt-nam, l’arabie saoudite, la Birmanie et la Chine.

Pour les pays mis sous surveillance comme l’est désormais la France, on constate généralement qu’ils ont pris des mesures risquant d’avoir des conséquences négatives pour la liberté d’expression en ligne et l’accès à Internet.


Voici quelques éléments pour comprendre cette entrée remarquée de la France dans ce classement de Reporters Sans Frontières :

  • le cambriolage de rédactions de médias en ligne qui enquêtaient sur des dossiers sensibles tels que l’affaire Woerth/Bettencourt, ou la géolocalisation de sources qui enquêtaient sur l’affaire Karachi. La protection des sources des journalistes semble remise en cause.
  • le cambriolage des locaux du site web Rue89 avec le vol d’une vingtaine d’ordinateurs de journalistes
  • les pressions exercées par le gouvernement sur OVH qui héberge le site WikiLeaks
  • la mise en place de la Loi Hadopi qui prévoit de couper l’accès à Internet en cas de récidive de téléchargement illégal. Or, selon RSF, l’accès à Internet est un droit fondamental que ce soit sur le plan de l’information ou de l’expression. Le rapport rappelle que “L’association de défense des libertés en ligne, la Quadrature du Net, qualifie Hadopi de machine à punir ratée, qui mérite un zéro pointé pour son impact sur la culture et le réseau Internet.” RSF précise que cette loi ne prend pas en compte l‘évolution des pratiques de téléchargement, notamment avec le streaming que Hadopi ignore et qui pourtant représente une part importante du téléchargement illégal en France.
  • l’excès de zèle potentiel de la Loi Loppsi 2 qui prend le prétexte de la lutte contre la pédopornographie pour mettre en place un filtrage d’Internet. En bref, “l’article 4 de la loi institutionnalise un filtrage administratif du Web, sans décision de justice. L’article 2 risque de criminaliser l’utilisation de pseudonymes sur Internet, et l’article 23 permet l’organisation de cyberperquistions.” RSF s’interroge sur les différents degrés de filtrage et sur les sujets qui pourraient faire l’objet d’une surveillance de la part de l’Etat français. “Selon l’association de protection de l’enfance L’ange bleu, qui lutte contre la pédophilie, la Loppsi est une loi inefficace, contre-productive et dangereuse, qui utilise la protection de l’enfance comme un cheval de Troie du filtrage généralisé de l’Internet. L’expérience australienne a pu malheureusement donner quelques enseignements qui vont dans le sens d’un abus du filtrage.
  • Eric Besson, le Ministre chargé de l’Industrie, de l‘Énergie et de l‘Économie numérique, envisage une “régulation du trafic et à l’abandon du principe de neutralité absolue du Net”.

Source : Mémoclic

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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 04:07

censure 2  Aujourd’hui, des milliers de sites Internet sont censurés en Thaïlande


“En réalité, je ne suis pas au-dessus de la critique. Je ne la crains pas si elle concerne ce que je fais de mal.C'est grâce à cela que je pourrai le réaliser.Car, si vous dites que le roi ne peut être critiqué, cela veut dire que le roi n'est pas un homme.” 

Rama IX, roi de Thaïlande, 5 décembre 2005 

------------------------------------

1/  Déjà en février 2009, Reporters sans frontières signalait dans un rapport "Censure et emprisonnements : les abus au nom du crime de lèse-majesté en Thaïlande” :

Aujourd’hui, des milliers de sites Internet sont censurés en Thaïlande. La peur règne dans les milieux intellectuels […] Depuis le 20 décembre 2008, un nouveau gouvernement dirige la Thaïlande. L’une de ses priorités est de réguler la Toile. Un peu plus d’un mois après son entrée en fonctions, près de 4 000 sites Internet ont été bloqués en raison de leur “contenu portant atteinte à la monarchie”. Selon le ministère de la Justice, 10 000 sites comporteraient des commentaires et des articles critiquant la monarchie


censure2/  Internet : présumé coupable

 

Internet est devenu un moyen de communication populaire. Ainsi, environ 14 millions de Thaïlandais sont connectés quotidiennement. Mieux, il est devenu, on le voit actuellement au Maghreb et au Moyen Orient, un outil très efficace pour l’exercice de la démocratie, face aux dictatures, un espace de libre expression. En Thaïlande, le pouvoir issu du Coup d’ Etat de 2006 l’a bien compris et a promulgué en 2007, une loi spéciale relative à Internet, le Computer Crime Act.

 

En vertu de cette loi, les fournisseurs d'accès à Internet doivent conserver les informations individuelles des internautes pendant 90 jours. Les autorités ont le pouvoir de vérifier ces informations sans aucun contrôle judiciaire. Mais elles l’utilisent surtout pour faire taire toute opposition, en  détournant la loi punissant le crime de lèse majesté.

 

3/ « La Fondation iLaw de Thaïlande a découvert en décembre 2010 que 185 personnes ont été mises en accusation par la Loi contre les Crimes Informatiques sur une période de quatre ans. Le gouvernement thaïlandais utilise systématiquement cette loi pour arrêter des internautes thaïlandais. Le professeur David Streckfuss estime que toute charge de lèse-majesté résulte en un taux de condamnation de 98% et entrainé des peines allant jusqu'à 18 ans de prison. Il estime le nombre d'arrestations de ce type à 172 pour la seule année 2009.
De plus, la Thaïlande a bloqué 425 296 pages web au cours de la période de loi martiale, du 7 avril au 22 décembre 2010, par décret d'urgence.
Prachatai fut parmi les premiers sites bloqués. Aucun de ces sites n'a été débloqué depuis l'expiration des pouvoirs spéciaux. iLaw estime que ce nombre augmente d'approximativement 690 nouveaux blocages de sites par jour » (cité par Franc-Thaï, Lek Isan du 17/02/2011).

 

4/ Même si des centaines d’internautes risquent d’être jugés prochainement, le procès de Chiranuch Premchaiporn, surnommée Jiew fait figure de symbole, d’exemple  ( Cf. le compte rendu du procès in , site FRANCO – THAÏ du 17/02/2011)

 

Chiranuch est une signataire fondatrice du groupe Liberté Contre la Censure en Thaïlande (LCCT) et une activiste du Réseau des Internautes Thaïlandais

[…] Le procureur a ouvert l'affaire du gouvernement thaïlandais contre Chiranuch, webmaster du seul portail d'actualités indépendant en Thaïlande, Prachatai.com.
Chiranuch a été accusée de dix violations de la draconienne et anticonstitutionnelle Loi sur les Crimes Informatiques du pays qui fut la première loi à être passée par la législature du coup d'état militaire en Thaïlande en 2007
.

 

Chiranuch n'a pas été accusée pour avoir fait de tels commentaires [de lèse-majesté] elle-même. En fait, elle risque la prison pour des billets et des commentaires publiés sous pseudonyme sur la page de discussion publique du site Prachatai au milieu de l'année 2008, bien qu'elle n'ait pas été arrêtée avant mars 2009.
Chiranuch a été accusée car elle n'aurait pas réussi à effacer suffisamment vite (11 jours) des commentaires jugés crimes de lèse-majesté du site Prachatai, alors qu’ elle n a même  pas été prévenue par les Autorités.

Ainsi, elle est jugée pour des propos qu’elle n’a pas tenus . Pire « Les critères que les autorités retiennent pour bloquer ces sites ne sont pas connus. »

 

Aree Jivorarak, chef du Bureau de Régulation du Ministère des Technologies de l'Information et de la Communication (MTIC), lors du procès, à qui on demandait :

 

qui au gouvernement décide exactement du fait que le contenu [d'un site web] est illégal et quels critères sont utilisés pour juger un tel contenu comme étant de lèse-majesté, le témoin est devenu de plus en plus vague. Il a déclaré que de telles décisions étaient prises par un comité composé de différents ministres et de la Police Royale Thaïlandaise. Cependant, il a été incapable non seulement de nommer les membres du comité ou leurs services spécifiques mais il n'était pas sûr de ce que faisaient les services eux-mêmes.

abisit 2ET le premier ministre thaïlandais Abhisit Vejjajiva devant les membres du Réseau des Internautes Thaïlandais en décembre 2009  avait déclaré que la Loi contre les Crimes Informatiques ne serait jamais utilisée pour supprimer les médias citoyens ou la liberté d'expression publique.
Il a publiquement commenté au moins trois fois l'affaire Prachatai, déclarant que l'arrestation de Chiranuch était ‘la plus regrettable' de son mandat, promettant de se pencher sur ce cas et, exprimant finalement de la surprise sur le fait que le procès contre Chiranuch n'ait pas été abandonné



5/ A ce stade, on peut se demander qui accuse  qui ? Au nom de quelle loi ?  de quels critères ?

 

Peux-ton accuser quelqu’un qui n’a  pas écrit  les propos incriminés.  Cela  pose une question légale cruciale mais pas encore résolue. La Loi contre les Crimes Informatiques considère-t-elle les liens comme criminels? les commentaires autorisés ? et qui doit faire et comment, le travail de censure ? Est-ce aux webmasters de faire ce travail ? aux autorités judiciaires ou au gouvernement ?

 

A-t-on le droit de critiquer les mesures gouvernementales ? de rappeler que, comme ce journaliste brésilien :

 

En 2006, un coup d'Etat militaire a renversé le gouvernement qui avait remporté trois élections démocratiques en 2001, 2005 et 2006. L'armée a gouverné jusqu'à la fin de 2007. L'ancien parti au pouvoir a été dissous, et ses dirigeants ont été empêchés de participer à la vie politique.
Malgré cela, lors des élections qui ont eu lieu à la fin de 2007, un parti allié à celui qui avait gouverné avant le coup d'Etat, a gagné une majorité et a été en mesure de former un gouvernement. Cependant, à la fin de 2008, une cour constitutionnelle - composé exclusivement de juges choisis par les militaires - a dissous les trois partis de la coalition au pouvoir, et interdit à leurs dirigeants de participer à la vie politique pendant cinq ans
.
Traduit de http://www.estadao.com.br/estadaodehoje ... _imp682011, 0.php (Cité par Franco-Thaï le 4/3/2011)

 

Et qui s’interroge sur la légitimité du  gouvernement Abhisit pour présider  le Conseil des Droits de l’Homme à l’ ONU en octobre prochain ?

 

 

 

Ai-je le droit même de donner des sites qui veulent défendre la libre expression et la liberté sur internet :

 

- Le site du Thai Netizen Network (principalement en thaï) publie des informations

concernant l'état d'Internet dans le pays. Cette association thaïe, créée en 2008,

est à l'origine de l'initiative d'un dialogue avec le Premier ministre concernant les libertés

individuelles dans le pays. Elle veut également fonder un collectif d'avocats qui permettra

aux internautes d'être défendus en cas de plainte.

http:// www.thainetizen.org

- Le site d'informations Prachatai (en thaï et anglais) publie des informations relatives

aux mouvements sociaux en Thaïlande. C'est un site d'actualité qui analyse la situation

du pays. Ses journalistes ont également publié une interview de l'étudiant Chotisak

Onsoong (http://www.prachatai.com/english/news.php?id=607). Il a été censuré plusieurs

fois dans pays.

http://www.prachatai.com

- Le site de défense des libertés sur Internet, Freedom against censorship in

Thailand (FACT), est un site d'information consacré aux problèmes de filtrage dans

le royaume. Animé par l'Australien CJ Hinke, il publie ses informations en anglais.

http://www.facthai.wordpress.com

- Le blog New Mandala de Nicholas Farelly, responsable des études asiatiques à

l'université nationale d'Australie, publie des articles sur la situation actuelle du pays.

http://www.rspas.anu.edu.au

- Le blog de Jotman (en anglais), a été reconnu comme l'une des sources les plus intéressantes sur la région. Basé à la frontière entre la Thaïlande et la Birmanie, Jotman

apporte un regard différent sur ces deux pays. Il est également lauréat du "Prix spécial"

2007 de Reporters sans frontières du concours international de blogs (les BOBs)

organisé par la Deutsche Welle, en Allemagne. http://jotman.blogspot.com/

- Le site Internet Thaï political prisoners dresse la liste des victimes d'abus du

pouvoir. Les cas présentés dans ce rapport y figurent également :

http://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/Thaïlande

 

 

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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 04:05

Nationalisme-V03-cestmondrapeau Le nationalisme et l'école?

Sujet intéressant  d’un article intitulé « Thaïlande : le complexe de l’altérité »  écrit par un chercheur thaï, Waruni OSATHAROM, (chercheur au Thai Khadi Research Institute, Thammasat University, Bangkok).

            « Depuis 1932 et le coup d’État qui a mis fin à la monarchie absolue, les

manuels scolaires thaïs ne se sont pas départis de leur fibre nationaliste. Ils n’ont

d’autre choix que de se conformer à la politique déterminée par le ministère de

l’Éducation .»


 1/ Nous avons déjà montré dans des articles précédents que les Laos de l’Isan sont devenus Thaïs par la mise en oeuvre d’une idéologie, la Thaïness, efficace et  continue depuis Rama V. Elle a pris bien sûr de formes diverses, en accord avec les enjeux historiques et politiques de chaque époque.

Nous savons, nous autres Français,  depuis Jules Ferry que l’école est le principal « média » pour inculquer le nationalisme : une Nation , une langue, un Régime (modèle) politique, des valeurs fondamentales.

 

2/Rappel :

 

Nous avions dit dans notre 1 er article que « La Thaïness a servi aux «aristocrates» et aux élites urbaines des Thaïs siamois à construire « l’unité » de la Nation thaïe et à légitimer leur pouvoir sur le dos des identités régionales, que l’on considérait comme « cadettes » dans le meilleur des cas mais le plus souvent inférieures, incultes, paysannes ».  Son « efficacité » s’appuyait sur le caractère «sacré» du roi, le bouddhisme, et les médias.

 Notre article 9 sur le nationalisme était encore plus précis et montrait son inscription dans l’histoire depuis Rama V (1868-1910) qui avait  engagé le processus d’unification de la nation thaïlandaise et, en parallèle, la modernisation du royaume sur le modèle occidental… En 1938, le premier ministre et commandant des forces armées,  Phibun avait donner une nouvelle couleur au nationalisme thaï, changé le nom du pays, le Siam en Prathétthaï, instauré un  nouvel hymne national : « Le pays thaï, c’est l’union du sang et de la chair des hommes de race thaïe », imposé la langue des Thaïs Siamois (langue de Bangkok) aux minorités ethniques, les Laos de l'Isan, les tribus montagnardes, et les musulmans du sud.

 

Notre article 12 (Terrorisme ou insurrection séparatiste dans le Sud) constatait que la Thaïness  avait réussi en Isan et échoué dans le Sud.

 

 

 

3/ M. Osatharum confirme  donc que ;

C’est sous Rama VI, en 1910, qu’est mis en place un système complet

d’éducation et que l’on introduit l’étude des pays voisins par le truchement des

chroniques thaïes. Leitmotiv : la Birmanie est l’ennemie héréditaire de la Thaïlande,

et  le Laos et le Cambodge sont des colonies. L’élite et les classes

moyennes s’ouvrent par la suite davantage aux apports extérieurs et un peu aux pays étrangers par le biais d’un manuel d’histoire publié en 1928, synthèse entre le travail académique occidental et la chronique thaïe à fort accents nationalistes. Mais les auteurs ont surtout pour objectif de développer le patriotisme et le sens de la souveraineté thaïe, leur thèse fondamentale étant que, si la Thaïlande n’a jamais été colonisée, c’est en raison de la bravoure de sa population et de ses rois-héros.

 

 

 

Ensuite, du coup d’Etat de1932  au régime nationaliste du maréchal Pibul Songkhram (1938-1942, 1948-1957), au  militariste Sarit Thanarat (1957-1963), au  maréchal Thanom Kittikachorn (1963-1973) et au nationaliste  extrême Thanin Kraivichien (1976-1978),   les manuels sont invariablement imprégnés d’une même idéologie :

 

L’école sert à élever la conscience des jeunes et à leur inculquer la loyauté

envers les « valeurs fondamentales », les trois « piliers » de l’État : monarchie, religion – exclusivement bouddhiste –, nation, la Thaïlande apparaissant systématiquement comme le seul pays libre de la région. Seul changement par rapport à l’avant-1932 : l’apparat critique nationaliste et raciste qui, jusqu’aux années 1960, encadre les manuels de géographie.

 

Dans les années 1960-1970, l ’enseignement devient une arme de guerre contre le communisme . Une attention particulière va à la Chine et au Viêt-nam, dans la mesure où la Thaïlande doit précisément servir de rempart à leur expansion, les plans quinquennaux lancés à partir de 1961 ayant pour fonction de consolider la situation intérieure du pays. Quant à l’école, elle fournira de bons citoyens à la démocratie

militarisée …

 

Les pédagogues  , dans le manuel destiné au huitième degré , vont faire commencer l’histoire thaïe au XI ème siècle, lorsque, fuyant l’invasion chinoise, les Thaïs fuient la Mongolie, leur terre d’origine, en direction du sud et des terres de Suwannaphum, ou « péninsule dorée », espaces fertiles habités par les Môn et les Khom, ou anciens Khmers;

 

Ils accréditent l’idée que le Roi envoie des gouverneurs pour administrer Lop Buri et contrôler Sukhotai. En 1240 (?), un groupe de Thaïs s’empare de Sukhotai et en chasse les Khmers. Bang Klang Thao, l’un de ses chefs, sera proclamé roi sous le nom de Sri Indraditya et que les  seigneurs de la guerre,  sont des exemples à suivre  et symboles du combat pour l’unité nationale…

 

 Mais M. Waruni est assez confus  et n’explicite pas suffisamment comment les manuels réécrivent l Histoire en essayant de faire croire qu’il y a une passation directe entre le Royaume de Sukkothaï et d’  Ayutthaya et ensuite du Royaume de Siam.

 

« En août 1997, l'historien Michael Wright (décédé en 2009) écrivait dans The Nation : « En ce qui concerne l’histoire et la culture, la Thaïlande ressemble fort aux pays communistes en ce sens que ces deux matières y sont propriétés de l'État. On ne peut que déplorer une telle situation qui voit toute recherche originale ignorée ou rejetée si elle n'avalise pas la version officielle »(cité par Xavier Galland).

 

Nous ne pouvons que recommander la série d’articles que Xavier Galland  a publiée dans le mensuel Gavroche sur les royaumes  de Sukkhotaï et d’Ayutthaya :

 

« À la lecture d’un guide touristique ou d’un manuel scolaire thaïlandais, on apprend généralement que la ville d’Ayutthaya fut fondée en 1350 et qu’elle devint la seconde capitale du Siam après Sukhothai ».

 

« De fait, soucieuse d’échapper aux appétits coloniaux européens et de promouvoir les sentiments nationalistes dans la population, l’historiographie officielle thaïlandaise a toujours tenté d’accréditer l’idée d’une nation unifiée depuis longtemps et donc d’une passation de pouvoir quasi-directe - une sorte de filiation - entre Sukhothai et Ayutthaya. Cette thèse a d'ailleurs fait école à l’étranger puisqu’au moment même où j’écris ces lignes j’ai sous les yeux un article écrit par un chercheur états-unien qui commence par la phrase « Ce n’est qu’après le transfert de la capitale de Sukhothai à Ayutthaya en 1350 que (...)

 

 

Au début des années 1970, les enfants apprennent que les groupes ethniques

ayant migré à partir du Laos et du Viêt-nam vers la Thaïlande sont « étrangers »

à celle-ci. Et arriérés, parce qu’ils viennent – seule explication fournie – de pays

communistes. Mais les non-Thaïs sont plus généralement classés en fonction de critères raciaux  et entretiennent en conséquence des rapports variables avec

les Thaïs : Indiens, Pakistanais et Arabes sont déclarés consciencieux et appliqués

; les Japonais démontrent leurs capacités dans la grande entreprise ; les

Occidentaux se caractérisent par leur aptitude à l’administration et leurs compétences

en matière de commerce, et sont à l’origine des organisations internationales.

Mais on invite les enfants à se méfier de tous.

Reste en suspens l’épineuse question des Chinois, composante essentielle de

la population, que, à partir de 1967, on ne présente plus comme les « juifs de

l’Orient  » ; mais comme assimilés, industrieux et réussissant  dans nombre de

domaines.

 

Le tournant des années 1970

 

Des manuels plus libéraux sont édités durant la période qui suit le départ, le

14 octobre 1973, des dictateurs militaires Thanom et Praphat. L’enseignement

est profondément réformé et les programmes doivent désormais former à l’analyse

et à la créativité : il s’agit maintenant de mieux comprendre la société et

d’être en mesure d’agir sur le monde. Le nationalisme dur est abandonné, et

même si l’on continue de faire l’apologie des rois-héros nationaux thaïs, l’histoire

des autres États de la région – mouvements et personnages – est évoquée.

 

Avec certes une réserve : les Thaïs, qui n’ont pas été colonisés, s’intéressent

peu à ce qu’a pu être le colonialisme et les  mouvements de libération

nationale ou à la décolonisation avec  son cortège d’horreurs. Cela entraîne, sur

le plan historique, un rétrécissement du champ régional. Ce qui s’applique d’autant

à l’Occident, dont l’étude restera confidentielle dans les universités en

raison de l’image négative qu’en a la population.

 

Régression

Après le coup d’État sanglant des militaires, le 6 octobre 1976, arrive au

pouvoir le très conservateur Thanin Kraivichien (1976-1977). Le ministère

lance deux ans plus tard un plan national pour l’Éducation. Bien que l’on annonce vouloir combattre l’élitisme et rendre l’école accessible à tous, l’objectif

redevient le respect fondamental, des trois piliers  et le retour au nationalisme radical.

 

En 1979, le Department of Curriculum décide de réviser en profondeur Nous

et nos voisins, le manuel rédigé en 1960 pour l’école élémentaire : mais on remarque un retour à un anticommunisme militant et une dénonciation des

« étrangers » issus des pays communistes, qui menacent de saper les « trois

piliers » (la Thaïlande était alors, de fait, confrontée au problème de la guérilla

des intellectuels réfugiés en espace montagneux ). Cette ligne dure dominera

jusqu’en 1981.

 

 

L’époque contemporaine

 

La tradition nationaliste persiste en dépit de la fin de la guerre froide, et les

révisions des programmes de 1978 et de 1981 n’ont pas contrarié cette tendance

de longue durée. Les objectifs des plans nationaux de développement arrêtés ces

mêmes années, qui semblaient traduire la volonté de mettre en place une pédagogie

d’apprentissage autonome de la lecture, une décentralisation administrative

et l’étude de terrain à l’échelon local, n’ont pas modifié l’approche générale

: conscience nationale ; sécurité du pays ; les « trois piliers ».

 

Les affaires intérieures continuent donc de primer sur les matières touchant à la région ou, a fortiori, au reste du monde.

 

Le programme de 1990, cependant, innove dans une certaine mesure. En

effet, si l’enseignement de l’histoire thaïe reste ancré dans les considérations des

années 1960, par contre, les manuels en sciences sociales Évoluer et vivre, Notre

monde, Notre continent, Nos voisins, présentent un contenu à double entrée.

D’une part, on y trouve l’information géographique, économique et démographique. D’autre part, on y traite de l’histoire contemporaine de l’Asie du Sud-Est,

qui va de la Seconde Guerre mondiale à nos jours et inclut les mouvements

nationalistes, les transformations politiques et les conflits régionaux durant la

guerre froide.

Ce contenu à double entrée fait lui-même l’objet de deux approches.

L’anticommunisme primaire est dépassé des manuels officiels mais des pays comme le Viêt-nam, le Cambodge et le Laos restant diabolisés.

 

On explique avec force détails comment ces régimes se sont installés et que, bien

qu’ils se soient ouverts, ils perpétuent le socialisme : la méfiance et l’ironie,

notamment à propos de leur économie absolument inadaptée aux contingences

du monde contemporain, restent donc de mise. Certains manuels, aujourd’hui

encore, recourent à l’argument de la pauvreté et de l’ignorance de la démocratie

chez les leaders pour expliquer l’émergence du communisme ; on ignore

alors délibérément les mouvements de libération et l’adhésion de la population

aux luttes.

 

La principale cible reste le Viêt-nam, toujours considéré comme responsable

de la déstabilisation régionale avec l’invasion du Cambodge en 1978-1979, dont

elle redoute toujours les velléités expansionnistes et dénonce les ingérences dans les affaires intérieures cambodgiennes et laotiennes.

 

On trouve également, pour analyser les évolutions et comprendre les enjeux

régionaux, une approche en termes d’« économie mondiale et de la nécessité de

la coopération régionale en matière économique. L’Association des nations du Sud-Est asiatique (ASEAN) fait l’objet d’un développement séparé. Peut-être cela tient-il à la rémanence de l’anticommunisme, dont les effets seront encore longs à se dissiper ? Toujours est-il que les jeunes générations n’ont pas d’idée claire de ce qu’est la formation d’un marché régional.

 

En conclusion

 

Le monde extérieur continue d’être perçu à travers le prisme de l’idéologie

nationaliste enseignée à l’école. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le savoir

académique a en définitive peu évolué.

 

Le Department of Curriculum a bien promu, ces deux dernières décennies, l’élaboration d’ouvrages d’appoint sur l’Asie du Sud-Est, mais leur distribution est restée limitée, rares étant les lycées qui en ont fait l’acquisition.

 

L’un des effets de ce nationalisme répandu depuis au moins soixante-dix ans

en Thaïlande est que l’«Autre » est ce qui s’écarte des trois « piliers », comme par exemple les Karen montagnards de l’Est ou les musulmans du sud de la

péninsule, dans les provinces de Yala, de Pattani et de Narathiwat, qui ont fait

une entrée fracassante sur la scène internationale en janvier 2004 avec un

cortège de violences que le gouvernement a tenté d’enrayer par l’introduction de manuels scolaires.

 

« Huit nouveaux manuels ont donc paru en mai de la même année pour renforcer la cohésion nationale à travers l’étude de la langue et de la culture thaïes, mais aussi pour prendre en compte les particularismes locaux. Un comité ad hoc, composé de trente experts, a ainsi autorisé que le yawi, dialecte malais utilisé par les musulmans, serve de base à l’apprentissage par ses locuteurs de la prononciation des mots thaïs ; sera également promu le dialogue entre bouddhistes et musulmans, l’assimilation des Chinois étant donnée pour modèle. »

 

On ne peut pas dire que cette heureuse initiative a eu le succès escompté. Il est vrai qu’en 2004 et ensuite le gouvernement Thaï n’ pas envoyé que des « manuels » à Pattani.

 

 (Cf. Notre article 12 précédent sur la situation dans le Sud de la Thaïlande )

 

 

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