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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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30 décembre 2020 3 30 /12 /décembre /2020 22:59

 

Un accord  de libre-échange a été signé le 15 novembre 2020 à Hanoï par 15 pays d'Asie : les dix États membres de l’Asean (Association des nations de l’Asie du Sud-Est) (Thaïlande, Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour, Brunei, Viêt Nam, Laos, Birmanie (ou Myanmar), Cambodge) plus la Chine, le Japon, la Corée du Sud, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.  Il fait de cette zone de libre-échange asiatique la plus vaste du monde  comparable à celles de l'Amérique du Nord ou de l’Union européenne et couvre à peu près un tiers de la population de la planète et un tiers de la production mondiale. Historique car pour la première fois, il réunit  les trois poids lourds économiques de la Région, à savoir la Chine, le Japon et la Corée du Sud.  (Les sources sont nombreuses (1))

 

 

Cet accord commercial de libre-échange de 510 pages et 20 chapitres, a pour objectifs de lutter contre toute forme de protectionnisme, d'abaisser les barrières douanières, de réduire les taxes à l’import sur la plupart des produits manufacturés, de stimuler les investissements et donc de permettre une plus libre circulation des marchandises dans la Région.

 

 

Mais il ne  prendra effet qu'une fois ratifié par tous les pays signataires, et nécessitera  donc des mois voire des années pour certains pays étant donné les enjeux géopolitiques (La volonté de la Chine d'en assurer le leadership, la lutte commerciale entre la Chine et les USA par ex.), les contentieux, la flexibilité accordé à certains pays pour  améliorer leurs procédures de douane (Le Laos et Cambodge par ex.)) et les accords spécifiques qui existent déjà entre certains pays de l'ASEAN. Autant dire qu'il est complexe de comprendre toutes les implications, les défis et les enjeux. Toutefois, le pacte entrera en vigueur une fois qu'au moins six pays membres et trois pays non-membres de l'ASEAN l’auront ratifié au niveau national dans les deux années à venir. (2)

 

 

 Deux grands  absents, l'Inde et les États-Unis.

 

L’Inde s’est retirée des négociations  de peur d’être envahi par les produits chinois bon marché, alors qu’elle cherche à développer sa propre industrie. L’autre grand absent, ce sont les États-Unis, qui, par la décision de Trump,  se sont retirés en janvier 2017 du TPP, un accord de libre-échange avec l’Asie,

 

 

Le grand gagnant.

 

Nul doute que la Chine, la deuxième économie mondiale, va consolider sa position de leader et  façonner les règles commerciales de la région.

 

 

Quelques repères concernant la création de l'ASEAN sont nécessaires pour comprendre la nouvelle situation géopolitique causée par ce nouvel accord du RCEP. (Cf. Reprise en partie de notre article (3)et (4))

 

Rappelons que l’Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ANASE ou ASEAN) est une organisation politique, économique et culturelle regroupant dix pays d'Asie du Sud-Est. Elle a été fondée le 8 août 1967 à Bangkok par l’Indonésie, la Malaisie, les Philippines, Singapour et la Thaïlande, dans le contexte de la guerre froide, pour faire barrage aux mouvements communistes, développer la croissance et le développement et assurer la stabilité dans la région.

 

La fin de la guerre froide en Asie du Sud-Est (Retrait de l'armée vietnamienne du Cambodge en 1989), permettra le Sommet de Singapour de 1992 qui se traduira par deux initiatives majeures : L'instauration d'une zone de libre-échange : l'ASEAN Free Trade Area (AFTA), qui ne sera signé qu’en 2002, à cause de la crise financière de 1997 et  l'élargissement à 10 membres de l'ASEAN avec l'entrée du Viêt Nam (1995), puis du Laos et de la Birmanie (1997) et enfin du Cambodge (1999).

 

L’Asean prendra une autre dimension avec la fondation de l’APT (L’ASEAN plus la Chine, le Japon et la Corée du Sud) avec un accord-cadre signé en 2002 en vue d'établir la zone en 2010 pour l'ASEAN 6 et en 2015 pour l'ASEAN au complet.

 

 

Mais la Direction générale du Trésor français constatait déjà que « L’Asean Economic Community ne tiendra pas sa promesse d’aboutir en 2015 à un marché unique comparable au modèle européen. Moins ambitieux qu’affiché, le projet de l’Asean se heurte déjà à de nombreuses difficultés de mise en œuvre, avec des progrès qui risquent de se limiter à quelques chapitres (libéralisation tarifaire élargie aux pays pauvres, facilitation des échanges, harmonisation réglementaire). Les leaders de l’Asean devraient lors des prochains sommets se concentrer sur quelques déliverables médiatiquement visibles pour que l’étape de 2015 ne soit pas perçue comme un échec. En parallèle les grands partenaires occidentaux de l’Asean –États-Unis, Union européenne- poursuivent leur propre agenda  de libéralisation avec certains de ses membres tandis que le Japon s’efforce d’organiser une plateforme asiatique de libre-échange à travers le projet Asean + 6. Au total l’ouverture économique des pays de l’Asean devrait se poursuivre, dans une dynamique créée davantage par les pressions extérieures que par ses ressorts internes. » (5)

 

 

Nous n'allons pas ici rappeler toutes les décisions prises lors des sommets de l'Association des pays d'Asie du Sud-Est (ASEAN), toutefois nous avions relaté celui du 35e  qui s'était tenu à Bangkok, du 31 octobre au 4 novembre 2019. (Avec les 10 pays de l'ASEAN : Thaïlande, Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour, Brunei, Viêt Nam, Laos, Birmanie (ou Myanmar), Cambodge). (In notre article « Les enjeux et les défis du sommet de l'ASEAN »

 

 

Nous y avions appris les limites de l’Asean qui était de fait une association sans réel exécutif et sans pouvoir réel.  En 2013, son siège basé à Djakarta ne disposait que de 300 personnes environ contre 34 000 pour la Commission européenne, son budget était de 16 millions de dollars contre environ 4,3 milliards pour la Commission européenne.

 

Nous avions signalé les grandes difficultés et les contradictions internes aux États de l'ASEAN, au nationalisme affiché, au refus d'ingérence dans la souveraineté de chacun,  aux tensions entre le Japon, la Corée et la Chine, aux intérêts géostratégiques entre la Chine et les États-Unis. Des accords transrégionaux avaient été négociés  comme ceux du CPTPP  (le Partenariat trans-pacifique global et progressiste), du FTAAP (L’Accord de libre-échange de l’Asie et du Pacifique (Free Trade Agreement of Asia Pacific), et celui du  RCEP (Regional Comprehensive Economic Partnership), regroupant alors 16 pays ( Les 10 pays membres de l'ASEAN  ainsi que 6 autres pays qui possèdent déjà un accord de libre-échange bilatéral avec l'ASEAN, à savoir : l'Australie, la Chine, l'Inde, le Japon , la Corée du Sud et la Nouvelle-Zélande)

 

 

L'accord visait principalement à une réduction des droits de douane, de certaines barrières non  tarifaires et de faciliter les investissements directs étrangers, avec  peu ou pas  d'ouverture des marchés publics, d'harmonisations des normes ou encore de conventions sur le droit du travail ou de l'environnement. Autant dire que  la complexité est grande et le plus souvent ingérable pour les entreprises censées en bénéficier.

 

Une fois signé entre les seize Etats de la région Asie-Pacifique soit environ 3,4 milliards de personnes, le RCEP deviendrait le plus grand pacte de libre-échange au monde, couvrant environ un quart des exportations mondiales. Mais de nombreux obstacles demeuraient sur fond de rivalités géostratégiques entre les grands États et surtout ceux de la Chine et des États-Unis, qui sous Trump, mais il n'est pas le  seul, préfèrait les accords bilatéraux. (De fait, Trump s'était retiré du TPP en janvier 2017). Ainsi l'Inde à ce sommet avait refusé de signer le RCEP, craignant l'invasion des  produits chinois. D'autres  continueront de négocier des  accords bilatéraux de libre-échange au sein du RCEP. L’Australie et Nouvelle-Zélande par exemple, voulaient que l’accord inclue un renforcement du droit du travail, de la protection de l’environnement, mais aussi de la propriété intellectuelle, alors que de nombreux pays de la zone sont peu soucieux de « copyright. »

 

 

Bruno Jetin quant-à-lui, estime que les États membres de l'ASEAN ne pourront pas se constituer en entité autonome, avec un avenir commun, mais qu'ils pourront collaborer ponctuellement  sur tels et tels intérêts ou tels projets propres, face aux  grandes puissances régionales (Chine, Japon, États-Unis et Inde) qui soutiennent chacune des projets d’intégration plus larges et concurrents pour étendre leur zone d’influence. (6)

 

 

 Ainsi par exemple, dans un espace économique unifié : « les consommateurs de l’Asean devraient pouvoir choisir de façon in-discriminée entre produits nationaux et ceux provenant des autres États membres » ; « Les travailleurs devraient également pouvoir être employés dans tous les États membres dans les mêmes conditions que les travailleurs locaux.», ce qui paraît peu probable avec des États qui fondent leur légitimité sur un nationalisme exacerbé. On peut prévoir que  la migration légale des travailleurs peu qualifiés n'est pas pour demain, même si la survie de l’économie de la Thaïlande, de la Malaisie ou de Singapour en dépend. De fait, les pays membres de l’Asean, sont souvent en conflit  dans la diversité de leurs intérêts économiques, mais aussi politiques et sécuritaires et se  rapprochent tantôt des États-Unis, tantôt de la Chine.

 

 

 

Ainsi pour la Thaïlande, nous avions dit (In (4)) :

 

« La Thaïlande veut aussi  intensifier ses échanges avec ses voisins (Birmanie, Cambodge, Laos, Malaisie), qui représentent 10 % de son commerce extérieur et bénéficier des relocalisations d’investissements depuis la Chine.

 

 

Le gouvernement thaïlandais mise sur le développement des infrastructures de transport et des zones économiques spéciales (les ZES), qu'on ne peut ici tous citer puisque « En 2019, la Thaïlande comptabilise 74 ZES (sur plus de 700 en ASEAN). Selon le Board of Investment, 52 projets ont été approuvés dans les ZES de 8 provinces pour un investissement total de 272 milliards de dollars. »

 

 

Et on pourrait évoquer les mesures prises par la Thaïlande visant à attirer l’investissement chinois (incitations fiscales, procédure d’implantation accélérée) dans les secteurs à haute valeur ajoutée, et comme l'a déclaré le 1er ministre thaïlandais M. Prayut lors de sa rencontre avec  le premier ministre chinois Li Keqiang à Bangkok le  5 novembre 2019: «  la Thaïlande espère aligner son Corridor économique oriental avec la région de la Grande Baie Guangdong-Hong Kong-Macao de la Chine et ouvre ses portes aux entreprises chinoises pour qu'elles investissent, installent des usines en Thaïlande et coopèrent avec la partie thaïlandaise dans des domaines tels que le commerce électronique, le marché des tiers, le train à grande vitesse, la technologie 5G et l'économie numérique. ».

 

 

Ce que M. Li a confirmé en déclarant son souhait d' « aligner l'Initiative « la Ceinture et la Route » avec la stratégie de développement de la Thaïlande » dans son projet de construction du Corridor économique oriental, en encourageant « ses entreprises à participer à la construction des infrastructures de transport de la Thaïlande en accord avec les principes de « marchéisation » et de commercialisation, à bien utiliser les plates-formes de commerce électronique transfrontalier et à augmenter les importations de riz et d'autres produits agricoles thaïlandais de haute qualité ».

 

Trump avait changé la donne puisque, nous l'avons dit,  le président américain avait signé le lundi 23 janvier  2017, le retrait des Etats-Unis du traité de libre-échange transpacifique (TPP), âprement négocié pendant des années par l’administration Obama. « Ce traité, vu comme un contrepoids à l’influence grandissante de la Chine, avait été signé en 2015 par douze pays d’Asie-Pacifique représentant 40 % de l’économie mondiale, mais n’était pas encore entré en vigueur. » («Le Monde » du 23 janvier 2017).

 

 

Nul doute que ce retrait du gouvernement américain a facilité l'action diplomatique de la Chine pour  accélérer la signature de l'accord du RCEP du 15 novembre 2020, un accord dont  les négociations avaient  démarré en novembre 2012.

 

Mais les difficultés et la complexité demeurent et ont peu variées depuis le 35e sommet qui s'était tenu à Bangkok du 31/10 au 4/11/2019.

 

Ainsi par exemple, disions-nous,  ne  serait-ce que le contrôle de l’origine de la nationalité des produits ; un produit malaisien exporté vers la Chine, pour pouvoir bénéficier des avantages du libre-échange, doit prouver qu’il a été produit en Malaisie avec une proportion significative de ressources naturelles et de composants malaisiens pour éviter que des produits étrangers soient maquillés. On imagine les querelles, les suspicions, les batailles d'experts.

 

 

On peut aussi donner l'exemple de l'Australie, qui le 19 novembre 2020, soit 4 jours après la signature de l'accord du RCEP,   par la voix de son Premier ministre Scott Morrisonne a déclaré qu'elle ne cèdera pas aux pressions de Pékin et  n'empêchera pas l'Australie de fixer « ses propres règles en fonction de son intérêt national ». (7) Voire d'autres exemples de conflits majeurs, comme la guerre commerciale entre le Japon et la Corée du Sud en 2019 (8), ou encore le contentieux rencontré par certains pays de l'Asean face aux appétits et agressions de Pékin en mer de Chine méridionale.

 

Un contentieux maritime qui s'inscrit dans la volonté de Pékin de s'approprier 90% de la mer de Chine méridionale, riche en ressources halieutiques et énergétiques dans un espace maritime  s'étendant des Philippines à Singapour qui  voit passer chaque année 3 000 milliards de biens, l'équivalent  d'un tiers du commerce mondial. Mais un espace dans lequel  certains pays de l'Asean comme les Philippines, l'Indonésie, la Malaisie, le Vietnam, Brunei n'entendent pas céder ce qu'ils considèrent leur appartenant comme les archipels des Paracels et des Spratleys que Pékin bétonne, militarise puis colonise.  Ou bien encore le récif de Scarborough  dont  s'est militairement emparé Pékin en 2012 et que le tribunal international de la Haye a attribué  aux  Philippines en 2016, mais que le président philippin Rodrigo Duterte ne peut imposer, au vu de sa politique pro-chinoise. D'ailleurs, la Chine fait fi des décisions internationales et continue de prospecter et de patrouiller dans les eaux territoriales de ses voisins. Mais début septembre 2019, les pays de l'Asean ont  mené pour la première fois des manœuvres navales conjointes avec les États-Unis pour une volonté collective de rééquilibrer le jeu diplomatique et afficher leur neutralité  vis-à-vis des deux super puissances.

 

 

Les pays de l'Asean sont également en effet au cœur de la guerre commerciale que se livrent les deux premières puissances mondiales, mais ils doivent trouver un équilibre. Car si la Chine  (qui est  proche d'eux géographiquement,  et où près de trente-cinq millions de Chinois vivent dans les dix pays du bloc, soit plus de 80% de la diaspora totale. «À Singapour, 75% de la population est d'origine chinoise, 25% en Malaisie et 15% en Thaïlande») est son premier partenaire commercial. En 2018, le volume total des échanges commerciaux entre la Chine et les pays de l'organisation a atteint un niveau record de 530 milliards d'euros ; Les États-Unis sont quand même le troisième pays avec une valeur des échanges en 2018 de 245 milliards d'euros.

 

 

Mais les pays de l'ASEAN sont également engagés dans d'autres accords de libre-échange comme celui du Comprehensive and Progressive Agreement for Trans-Pacific Partnership (CPTPP), (Un accord de libre-échange entre le Canada et 10 autres pays de la région Asie-Pacifique : l’Australie, Brunéi, le Chili, le Japon, la Malaisie, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, le Pérou, Singapour et le Vietnam) entré en vigueur à Singapour le 30 décembre 2018 et au Vietnam le 14 janvier 2019 (9), ou celui avec l'Union européenne, comme le rappelait le ministre des Affaires Étrangères allemand lors d'une visio-conférence  le 1er décembre 2020 avec ses homologues de l'ASEAN: « En tant que partenaires économiques proches, nous défendrons des routes commerciales sûres et ouvertes et un commerce libre et équitable » . « Ensemble, nous représentons plus d'un milliard de personnes et près de 25% de la puissance économique mondiale. Ensemble, nous avons une voix forte dans ce monde ».  

 

Et qu'en sera-t-il  désormais des  conditions d’accès privilégiées pour certains de ces pays aux marchés européen et américain, grâce aux systèmes de préférences généralisées (SPG) ?

 

Que fera Joe Biden, le nouveau Président des Etats-Unis ?

 

 

Reviendra-t-il à la stratégie de Barack Obama, qui espérait un containment pacifique de la Chine, soit comme Bill Clinton en 1994, choisira-t-il de ressusciter l’APEC, comme un parapluie couvrant tous les accords commerciaux   de la région (TPP et RCEP), soit il suivra l’exemple européen. : s’engager en faveur d’accords commerciaux faisant la promotion de standards exigeants en matière de protection de l’environnement, de clauses sociales et de protection des Droits de l’homme, tout en accompagnant cette démarche par une initiative commune UE-Etats-Unis pour une réforme de l’OMC. 

 

En attendant,  la Chine poursuit son grand projet de la « Route de la soie », même si comme le signale Pierre-Antoine Donnet, la manne chinoise sera ralentie par le « piège de la dette » (10), bien que Xi Jinping a assuré de la poursuite des pharaoniques « Nouvelles Routes de la Soie », lors du Forum  de Coopération Economique pour l’Asie-Pacifique (APEC)  qui s’est tenu le 20 novembre dernier en conférence virtuelle. (11)

 

 

« Le  président chinois a souligné que sa politique de prêts aux partenaires de la BRI (Belt and Road Initiative) devrait dorénavant se conformer à des normes plus strictes ».

 

Le président chinois a par ailleurs indiqué, lors de ce sommet, que son pays « envisageait activement » de rejoindre l’Accord de Partenariat Global Trans-Pacifique (Comprehensive and Progressive Trans-Pacific Partnership Agreement, CPTPP). Ce dernier a remplacé en 2017 le Partenariat Trans-Pacifique (TPP) que les États-Unis avaient initié via l’administration Obama mais qu’ils ont brutalement déserté, à l’initiative de Donald Trump ».

 

 

Quel est l'avenir du « Partenariat régional économique global » (RCEP) signé le 15 novembre 2020 ? 

 

La grande question qui plane sur l’avenir de cet accord de libre-échange, qui doit encore être ratifié par chaque pays, est le rôle que voudront jouer la Chine, qui est déjà engagé  dans ses grands projets de la « Route de la soie » (14) et la nouvelle administration Biden.

 

 

De plus, nul ne connait encore toutes  les conséquences économiques, sociales et sanitaires de la pandémie du covid-19, mais nous savons qu'elles seront désastreuses.

 

En août 2020 nous avions tenté dans un article d'en cerner quelques-unes pour la Thaïlande. (12)

 

Les propos tenus par Tanes Petsuwan, député-gouverneur à l’autorité du tourisme de Thaïlande, étaient alarmants :

 

 

C’est la pire situation que l’industrie ait jamais connue, pire que la crise financière de 1997, le tsunami de 2004, les épidémies de Sras, de MERS, de grippe aviaire, pire que les troubles politiques. Nous avons surmonté toutes les crises précédentes en moins d’un an, mais pour celle-ci, l’incertitude est très forte, nous pourrions ne jamais atteindre à nouveau les chiffres de fréquentation pré-Covid. »

 

 

En effet, si la Thaïlande a jugulé la pandémie, elle  est  l’une des économies asiatiques les plus affectées par la récession déclenchée par le Covid-19,  surtout dans la mesure où elle dépend fortement des exportations et du tourisme international.

 

Si tous les pays « touristiques » vont être touchés, une étude du FMI de début août a constaté que  la Thaïlande sera le pays qui en souffrira le plus, en termes de balance des paiements. Le manque à gagner en 2020 devrait peser pour ce secteur 6% du PIB, en sachant que le tourisme représentait près de 14% du PIB, et que la Thaïlande qui avait reçu près de 40.000.000 de touristes en 2019, n'en atteindra probablement que 8 000 000 en 2020. Ce qui entrainera la fermeture de près de 60% des entreprises du secteur, et un  chômage important parmi les  six millions de la population qui en vivent.

 

Mais la crise du covid-19 va aussi fortement impacté l’industrie manufacturière et plus spécifiquement les secteurs de l’électronique et de l’automobile, sans oublier l'agriculture.

 

 

Les secteurs de l’électronique et de l’automobile, qui représentent 30% des exportations, et  comptent deux millions de travailleurs (sur 4,5 millions dans l’industrie manufacturière), seront les plus touchés. L'agriculture qui emploie le tiers de la population au travail, même si elle ne compte que pour 9 % du PIB,  va aussi souffrir de la baisse des exportations des produits agro-alimentaires qui représentaient en 2019 plus de 12 % des postes d'exportation, (Après la sécheresse qui a sévi en 2019).

 

Tous les secteurs des exportations de produits manufacturés ont subi une forte baisse. (-27,0% en glissement annuel en mai (…) La récession est principalement attribuable aux exportations vers les trois principaux partenaires commerciaux, dont l'UE (-40%), les États-Unis (-17,3%) et le Japon (-24,2%). )

 

La moitié de la production automobile était exportée. (Voire plus : En 2015, 1 204 895 voitures étaient exportées sur une production de 1 915 002. Le pays a eu une production totale en 2019 de 2 013 710 automobiles et 1 948 046 motocycles.) Une déclaration de  la Fédération des industries thaïlandaises (FTI) confirme que « L’industrie automobile pourrait ne pas atteindre le seuil de 1 million d’unités cette année, ce qui serait une baisse de 50% par rapport à 2019 ».  Outre la perte  financière pour un secteur qui représentait environ 10 pour cent du PIB du pays, des observateurs estiment que 70 % de ses travailleurs (sur env. 7% de l'emploi total) risquent de perdre leur emploi.

 

De même, pour l'Électrique et l'électronique équipement qui sont également un important secteur d'exportation de la Thaïlande, puisqu'ils représentaient environ 15% des exportations totales. Déjà en mai les exportations d'appareils électriques chutaient de -31,7% en glissement annuel et les exportations d'électronique de -14,6% en glissement annuel.  A combien sommes-nous aujourd'hui ?

 

Dans ces conditions incertaines, et une récession mondiale annoncée, l'avenir du « Partenariat régional économique global » (RCEP) signé le 15 novembre 2020 par 15 pays asiatiques   paraît bien compromis.

 

 

Notes et références.

 

(1) Quelques sources parmi tant d'autres :

Journal Le Monde du 16/11/2020. « L’accord RCEP, un premier défi pour Joe Biden face à la Chine » https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/11/16/l-accord-rcep-un-premier-defi-pour-joe-biden-face-a-la-chine_6059918_3232.html

« What happens now the RCEP trade deal has been signed? », Reuters du 16 novembre 2020 https://www.reuters.com/article/us-asean-summit-rcep-explainer/explainer-what-happens-now-the-rcep-trade-deal-has-been-signed-idUSKBN27W0WC

« What happens now the RCEP trade deal has been signed? », Bangkok Post du 16/11/2020. https://www.bangkokpost.com/business/2020503/what-happens-now-the-rcep-trade-deal-has-been-signed-

« Le courrier du Vietnam », du 16/11/2020 https://www.lecourrier.vn/asean/76.cvn

Cf. le site de l’Asean : http://www.aseansec.org/)

 

(2) Cf. https://lepetitjournal.com/bangkok/le-plus-grand-accord-de-libre-echange-au-monde-ete-signe-la-suite-292518

 

(3) A148. La politique étrangère de la Thaïlande et l’ASEAN.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a148-la-politique-etrangere-de-la-thailande-et-l-asean-1948-2009-123507177.html Publié le 18 mai 2014.

 

Il s’agissait de relever les grandes lignes de la politique étrangère de la Thaïlande depuis la fin de la 2e guerre mondiale et de comprendre la nouvelle donne régionale que l’ASEAN peut jouer dans cette politique, en nous « servant » des articles de Sophie Boisseau du Rocher et de Kajit Jittasevi, intitulés : « La Thaïlande  au sein de l’Asean : une diplomatie en perte de vitesse ? » et « La politique étrangère de la Thaïlande au XXIe siècle, Entre la quête de sens et la recherche d’une place dans le monde globalisé.», in « Thaïlande contemporaine ». (Sous la direction de S. Dovert et J. Ivanoff, IRASEC, Les Indes savantes, 2011). Leur étude s’arrête en 2010.

 

(4) A 340- LES ENJEUX ET LES DÉFIS DU SOMMET DE L'ASEAN (BANGKOK, 31 octobre- 4 novembre 2019)

http://www.alainbernardenthailande.com/2019/12/a-340-les-enjeux-et-les-defis-du-sommet-de-l-asean-bangkok-31-octobre-4-novembre-2019.html

 

(5) https://www.tresor.economie.gouv.fr/Articles/3f571b86-962f-4bbd-ab2e-1e9005e24c73/files/1d7b36a7-4c3a-493b-bc24-763413c3be4a

Situation macroéconomique des pays d’Asie du Sud-Est, Ambassade de France à Singapour Singapour, le 15 janvier 2020, Service économique régional de Singapour Affaire suivie par : Clément Payerols, Morgane Salomé

 

(6)  « L’Asean peut-elle transformer l’Asie du Sud-Est en région intégrée? »,  Bruno Jetin, Institute of Asian Studies, Universiti Brunei Darussalam »

file:///C:/Users/acer/Documents/Jetin_Asean.pdf

 

(7) L'Australie « ne cèdera pas aux pressions de la Chine », qui dévoile 14 sujets de plainte

Capital , https://www.capital.fr/, jeu. 19 novembre 2020 à 4:11 PM UTC+7

« Un responsable chinois a remis un dossier à des médias australiens dans lequel figuraient 14 sujets de plainte et qui soulignait la relation de plus en tendue entre les deux pays. Parmi eux figurent les lois australiennes en matière d'ingérence étrangère ainsi que le fait que Canberra a exclu le géant chinois des télécoms Huawei du déploiement du réseau 5G sur l'immense île-continent et bloqué des projets d'investissement en invoquant "la sécurité nationale". »

 

(8) Le conflit entre le Japon et la Corée du Sud remonte à 400 ans, depuis le XVIe siècle, lorsque le Japon a envahi la péninsule coréenne. Leurs relations de voisinage se sont détériorées en fin d’année dernière après qu'un tribunal sud-coréen ait astreint des entreprises japonaises à indemniser les victimes du travail forcé qui datent de la seconde guerre mondiale, lorsque des centaines de milliers de travailleurs coréens se mobilisèrent pour travailler dans l'industrie japonaise au cours de la seconde occupation japonaise. Le tribunal a ensuite saisi les actifs de plusieurs entreprises japonaises, dont Mitsubishi Heavy Industries et Nippon Steel, et prévoit de les vendre pour indemniser les travailleurs lésés. Tokyo conteste fermement ce jugement, affirmant que la question a été réglée au moyen d’un traité signé en 1965 pour normaliser les relations entre les deux pays. Selon les termes de ce traité, le Japon a accordé à la Corée du Sud 500 millions de dollars en subventions et en prêts.

 

Les tensions se sont ensuite aggravées en juillet dernier lorsque Tokyo a déclaré qu'elle allait appliquer des restrictions plus sévères sur certaines exportations vers la Corée du Sud, en particulier celles utilisées dans le secteur de la fabrication de puces et de l'affichage. Le Japon produit 90% de l'approvisionnement mondial en polyimides et photorésines fluorés et 70% des gaz de décapage (dont le fluorure d'hydrogène, l'un des matériaux réglementés). Les exportateurs japonais doivent maintenant déposer des demandes individuelles, qui pourraient durer 90 jours avant d'être approuvées, pour que ces matières soient expédiées en Corée du Sud. De plus, Tokyo a également retiré la Corée du Sud de la liste des pays bénéficiant d'un statut commercial préférentiel. Tirant les leçons de l'expérience du président Trump, le Japon affirme que ces restrictions à l'exportation sont nécessaires pour des raisons de «sécurité nationale», afin d'empêcher que ces matières ne soient envoyées en Corée du Nord. https://www.allnews.ch/content/points-de-vue/querelle-commerciale-entre-le-japon-et-la-cor%C3%A9e-du-sud

 

(9) Le CPTPP ?  Le PTPGP ?

 

« Plusieurs pays de la région bénéficient toutefois de conditions d’accès privilégiées aux marchés européen et américain, grâce aux systèmes de préférences généralisées (SPG). La Birmanie, le Cambodge, l’Indonésie, les Philippines et la Thaïlande sont ainsi bénéficiaires du SPG américain. Le Vietnam et l’Indonésie bénéficient du SPG européen et des régimes plus favorables sont accordés aux Philippines (SPG+), au Laos, au Cambodge et à la Birmanie (TSA).  En dehors du cadre de l’ASEAN, le CPTPP montre la voie, difficile, à une ouverture de la région sur le Pacifique et l’Amérique du Nord Singapour, le Vietnam, le Brunei et la Malaisie sont signataires du Comprehensive and Progressive Agreement for Trans-Pacific Partnership (CPTPP). L’accord est entré en vigueur à Singapour le 30 décembre 2018 et au Vietnam le 14 janvier 2019 » In https://www.tresor.economie.gouv.fr/Articles/71e555d4-a0bc-41c6-8e50-57d00c1cedc2/files/4fe4e027-e49f-40bf-9009-775b5377bc2c

 

Qu’est-ce que l’Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste?

L’Accord de partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP) est un accord de libre-échange entre le Canada et 10 autres pays de la région Asie-Pacifique : l’Australie, Brunéi, le Chili, le Japon, la Malaisie, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, le Pérou, Singapour et le Vietnam. Une fois que l’Accord sera pleinement mis en œuvre, les 11 pays constitueront un bloc commercial représentant 495 millions de consommateurs et 13,5 % du PIB mondial, ce qui donnera au Canada un accès préférentiel à des marchés importants en Asie et en Amérique latine.

Le PTPGP est entré en vigueur le 30 décembre 2018 pour les six premiers pays ayant ratifié l’Accord, soit le Canada, l’Australie, le Japon, le Mexique, la Nouvelle-Zélande et Singapour. Le 14 janvier 2019, le PTPGP est entré en vigueur pour le Vietnam.

https://www.international.gc.ca/trade-commerce/trade-agreements-accords-commerciaux/agr-acc/cptpp-ptpgp/index.aspx?lang=fra

 

(10) In https://asialyst.com/fr/2020/11/25/chine-revoir-baisse-financement-nouvelles-routes-soie/

 

Ces propos, d’apparence anodine, pourraient bien traduire dans la réalité une amorce de virage sur l’aile. Après des années de financements illimités des innombrables projets conclus dans le cadre de la BRI lancée en 2013, la Chine en arrive à un moment de vérité : de nombreux pays se retrouvent dans l’incapacité de rembourser leurs dettes, tandis que l’endettement chinois atteint des sommets désormais jugés alarmants. [...]

Plus de 150 pays d’Asie, d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Europe ont signé des accords dans le cadre de la BRI. Mais ce programme rencontre depuis quelques années des difficultés, en particulier du fait que certains pays se sont retrouvés dans l’incapacité de rembourser les prêts contractés, pris dans le fameux « piège de la dette » dont dernièrement le Pakistan, proche allié de Pékin. La Malaisie a récemment été contrainte d’annuler trois projets chinois, dont une ligne ferroviaire d’un coût de 20 milliards de dollars.  La liste des pays qui se retrouve dans une telle situation s’allonge avec les années : elle touche désormais la Mongolie, le Laos, les Maldives, le Monténégro, Djibouti, le Tadjikistan et le Kirghizistan. Pourraient bientôt être aussi concernés des petits États du Pacifique Sud tels que la Papouasie- Nouvelle-Guinée et le Vanuatu. Le « piège de la dette » force parfois certains pays à céder à la Chine des infrastructures entières et à renoncer ainsi à des parcelles de leur souveraineté. ».

 

(11) L'APEC ? Wikipédia

L'APEC est le seul groupe inter-gouvernemental dans le monde fonctionnant sur la base d'engagements non contraignants, du dialogue ouvert et du respect égal pour les vues de tous les participants. À la différence del'Union européenne ou d'autres organisations économiques multilatérales, l'APEC n'a aucun traité engageant ses membres. Les décisions prises par l'APEC sont obtenues par le consensus et les engagements sont entrepris sur une base volontaire. »

L'APEC compte 21 membres : Australie (1989) Brunei (1989) Canada (1989) Corée du Sud (1989) États-Unis (1989) Indonésie (1989) Japon (1989) Malaisie (1989) Nouvelle-Zélande (1989) Philippines (1989) Singapour (1989) Thaïlande (1989) Chine (1991) Hong Kong (1991) Taïwan (1991)  Mexique (1993) Papouasie-Nouvelle-Guinée (1993) Chili (1994) Pérou (1998) Russie (1998) Viêt Nam (1998)

 

(12) A 387- LES CONSÉQUENCES ÉCONOMIQUES, SOCIALES ET SANITAIRES DE LA PANDÉMIE DU COVID-19  EN THAÏLANDE. (AOÛT 2020)

http://www.alainbernardenthailande.com/2020/08/a-387-les-consequences-economiques-sociales-et-sanitaires-de-la-pandemie-du-covid-19-en-thailande.aout-2020.html

 

et l'article de Jean-Raphaël Chaponnière, in Asialyst : « Coronavirus : la pauvreté s'installe en Thaïlande »,  https://asialyst.com/fr/2020/07/25/coronavirus-pauvrete-installe-

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commentaires

Cécile de BARBEYRAC 31/12/2020 10:09

La Chine part à la conquête du monde!