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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Bernard, retraité, marié avec une femme de l'Isan, souhaite partager ses découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires, culturelles, politiques,sociales ...et de l'actualité. Alain, après une collaboration amicale de 10 ans, a pris une retraite méritée.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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15 janvier 2021 5 15 /01 /janvier /2021 03:09

 

Jean-Baptiste Pallegoix, prêtre des Missions étrangères, est arrivé au Siam vers le milieu de l’année 1830.

 

 

Le 3 juin 1836, il fut désigné comme évêque coadjuteur de Monseigneur Jean-Paul Courvezy, vicaire apostolique depuis 1834 et sacré officiellement par lui évêque de Mallos le 3 juin 1838 à Bangkok. Il en devint vicaire apostolique en 1841, Monseigneur Jean-Paul Courvezy étant affecté à Singapour.

 

 

 

Le roi Mongkut n’avait guère plus de 20 ans lorsque mourut son père en 1824. Le trône lui revenait en qualité de fils aîné d’une reine mais l’un de ses frères plus âgé et fils d’une concubine s’empara du pouvoir en lui disant « tu es encore trop jeune, laisse-moi régner quelques années et plus tard je te remettrai la couronne ».

 

 

Ce ne fut que l’un des multiples coups d’état qui émaillent l’histoire de ce pays.

 

Une fois sur le trône, l’usurpateur trouvé la place bonne et oublia sa promesse, Le prince craignant pour sa vie se réfugia dans un temple, se fit talapoin et s’adonna avec patience à l’étude du sanscrit, du pali, de l’histoire, de la géographie, de la physique, de l’astronomie, des mathématiques et de la langue anglaise. Il se pencha sur l’étude de la religion chrétienne et lut avec intérêt tous les livres sortis de l’imprimerie du Collège de l’Assomption.

 

 

Au début de l’année 1851, le roi malade proposa à ses féaux l’un de ses fils pour successeur ce à quoi ils lui répondirent que le royaume avait déjà un maître. Il mourut le 3 avril 1851 et en dépit de divers complots, le moine quitta la robe safran et devint roi sous le nom de Maha Mongkut. Le prélat lui adressa ses félicitations et en cadeau un portrait de l’empereur Napoléon III. Le roi lui répondit en lui adressant des monnaies d’or et d’argent et des fleurs également d’or et d’argent et, ce qui fut pour le prélat le plus beau des cadeaux, le rappel des missionnaires exilés à Singapour depuis deux ans et qui revirent à Bangkok le 29 juillet 1851. Un incident en effet survenu en 1849 avait valu à huit de nos missionnaires d’être exilés du Siam, la fine connaissance qu’avait Monseigneur Pallegoix du pays lui avait permis d’échapper à cette mesure répressive (1).

 

 

Nous savons que le nouveau monarque s’était lié d’amitié avec le prélat qui lui rendait de fréquentes visites dans son monastère dont il était devenu l’abbé, le Wat Bowonniwet (วัดบวรนิเวศวิหารราชวรวิหาร), lui enseignant en particulier le latin et l’astronomie, le roi pour sa part lui enseignant le pali et l’aidant à améliorer sa connaissance de la langue thaïe. Les conversations érudites se déroulaient en pali, en thaï et en latin.

 

 

En dehors de son apostolat, nous connaissons son œuvre écrite  qui est immense (2), il publia de nombreux articles sur le Siam – en dehors des bulletins ou annales de sa congrégation – dans des revues érudites comme le Bulletin de la société de géographe ou la Revue de l’Orient (3). Il donna plusieurs articles à cette revue (4). L’un en particulier quoique purement anecdotique nous éclaire sur quelques aspects de la personnalité du futur roi Mongkut. Il fut publié sous le titre :

 

 

« VISITE D'UN ÉVÊQUE  CATHOLIQUE  À UN PRINCE TALAPOIN »

 

 

Je viens de faire une visite au prince talapoin frère du roi de Siam, qui avait demandé à me voir. J'étais en costume épiscopal, suivi de huit rameurs, les reins ceints d'écharpes de soie. Après que j'eus traversé un jardin planté d'arbres exotiques, un courrier alla m'annoncer, et j'entrai au monastère royal, peuplé de 200 talapoins, distribués dans autant de cellules parfaitement symétriques, toutes séparées de distance en distance par de petits étangs ou viviers carrés. Le château du prince est en avant des autres édifices son palais de nuit, à fenêtres dorées et à quatre étages, est surmonté d'un paratonnerre de sa façon.

 

 

Je monte à la salle d'audience. Bientôt le prince, en longue robe de soie jaune, s'avance, me prend la main en souriant, m'invite à m'asseoir sur un fauteuil recouvert d'hermine, et la conversation s'engage tout en buvant du thé et fumant le calumet, en présence d'une foule d'esclaves prosternés ventre à terre.

 

 

Les livres de religion que vous m'avez donnés, me dit le prince, je les ai lus d'un bout à l'autre; ils étaient dans cette armoire vitrée, où les fournis blanches les ont tous dévorés malgré nos soins; il ne m'en reste que les pensées chrétiennes – Prince, si vous avez parcouru tous ces livres, vous devez maintenant connaître notre religion: admettez-vous, du moins, les principaux fondements du christianisme? La création, par exemple? Croyez-vous encore à la métempsycose? Je veux bien reconnaître un Dieu créateur; tenez, écoutez. Alors, il se mit à faire un discours de huit à dix minutes, traçant en termes pleins d'élégance un tableau de la création; puis il ajouta avec un sourire, et en se tournant du côté des esclaves qui formaient sa cour : Voyez-vous, moi aussi je puis prêcher comme les prêtres chrétiens.

 

 

Il me dit ensuite Pourquoi tuez-vous les animaux ? Je veux bien croire que les âmes des hommes ne passent pas dans les corps des bêtes, mais enfin les bêtes ont la vie si on les bat, elles pleurent, elles crient, elles souffrent; à plus forte raison si on les tue: n'est-ce pas une cruauté d'en agir ainsi? Prince, distinguons : les animaux ont été créés pour l'homme; s'il les maltraite par colère ou par caprice, certainement c'est aller contre la volonté de Dieu, il peut y avoir péché plus ou moins grave; mais les faire souffrir ou les tuer pour ses besoins, et selon l'intention du Seigneur, ne saurait être un mal, parce Dieu étant le souverain maître des créatures, peut livrer, s'il le veut, leur vie même à l'homme.

 

 

Au milieu de notre conversation, le tambour vint à battre et la cloche à sonner. Il était  onze heures et demie, heure du second repas des talapoins. Aussitôt je me levai, en disant: Prince, je désirerais voir votre imprimerie et il me fit conduire par ses gens dans une grande salle, où j'examinai en détail des casses de caractères siamois et balis, et une autre espèce de types de son invention, que lui-même a fait fondre (5). Dans une salle voisine était un atelier de graveurs, et plus loin un atelier de fondeurs. Je puis assurer que les quarante ouvriers qu'emploie le prince imitent fort bien les poinçons, moules, matrices et autres ustensiles d'imprimerie d'Europe mais quelle nonchalance ! Quelle incurie ! Tout est jeté, amoncelé pêle-mêle. La chèvre chérie et le mouton favori, qui suivent tous les jours le prince jusque dans le palais du roi, entrent dans la salle, éparpillent les tas de caractères avec leurs pattes, sans que personne n’ose les chasser. On m'avait servi du café, des fruits et des gâteaux de huit à dix espèces.

 

 

Pendant que j'étais à prendre une tasse de café, le prince rentra, accompagné de sept ou huit Talapoins. Voyez-vous, me dit-il, en me montrant une grosse carafe de lait, le maitre de la vie (le roi) m'en envoie une  tous les matins; buvez-en, c'est du lait royal. On s'assied de nouveau, et tandis qu'on se remet à causer, le prince me fait apporter des paquets de livres, balis, écrits sur des feuilles de palmier, le tout bien doré et enveloppé dans des étoffes de prix. Il se mit à en lire, et j'en lis moi-même avec lui quelques passages. Remarquez- me dit-il, comme tel mot, tel autre mot a du rapport avec le latin (il sait un peu cette langue). Prince, demandai-je, où tenez-vous les livres de la pagode? Il me dit de regarder par la fenêtre. Voyez-vous ce grand édifice à fenêtres dorées, il y a là vingt armoires dorées, et chacune d'elles peut contenir plusieurs centaines de volumes. C'est la collection de leurs livres sacrés, elle est immense. Hormis quelques ouvrages qui traitent de la constitution de leurs trois univers, le ciel, la terre et l'enfer, tout le reste n'est qu'un recueil de sermons de Sommonokhodom ou la relation détaillée de ses cinq cent cinquante vies, toutes pleines de fables et de puérilités extravagantes. Après une longue conversation dans laquelle, entre autres incidents, le prince manifesta plusieurs fois du mépris pour les ministres américains qui viennent inonder le pays de brochures, pamphlets, extraits tronqués de la Bible (6), je lui exprimai le désir de voir sa pagode : il se leva à l'instant; deux de ses pages me précédaient; il venait lui-même après moi, escorté d'une foule de Talapoins et de courtisans. Nous traversâmes un pont pittoresque, jeté sur un joli canal tiré au cordeau, et nous pénétrâmes dans l'enceinte d'une pagode majestueuse, resplendissante de dorures. Ce temple a la forme de croix; aussi le prince me disait-il en riant : C'est comme une église chrétienne. Je fus bien surpris de trouver la statue de Napoléon à l'entrée en face de l'idole;

 

 

mais mon étonnement redoubla quand je vis, attachés à chaque colonne, de beaux cadres dorés représentant les mystères de Notre Seigneur (7).

 

 

Prince, m'écriai-je, pourquoi mettez-vous des images de notre Dieu au milieu des peintures d'idoles ? C'est que je te respecte aussi. Alors il me montra la grande Divinité placée au fond du sanctuaire, haute de 30 pieds, assise les jambes croisées, semblable à une masse d'or imposante (elle est de cuivre doré). Cette idole, me dit-il, a été fondue il y a près de neuf cents ans; elle fut amenée d'une ville du nord de Siam, sur des radeaux, et il est écrit dans nos annales que peu avant la destruction de l'ancienne cité du nord, l'idole versa des larmes de sang.

 

 

Je me mis à rire, et je dis au prince combien je regrettais qu'on prodiguât tant de richesses sans aucune utilité. C'est l'or du roi, reprit-il, et à l'instant il fit appeler et questionna un secrétaire sur la quantité d'or dépensé à l'embellissement de la pagode. Celui-ci répondit qu'on y avait déjà employé environ 500.000 feuilles d'or, et qu'il en faudrait en tout à peu près 1.000.000.

 

Rien de plus somptueux que les pagodes royales à Siam tout y est marbre, recouvert de nattes d'argent. Une pierre précieuse de couleur d'émeraude et de plus d'une coudée de hauteur, dont on a façonné une statue de Sommonokhodom, a été estimée par des Anglais 500,000 piastres (8). Le roi et les grands mettent tout leur orgueil, font consister tout leur mérite à construire et à décorer ces sanctuaires.

 

 

Après avoir tout examiné, je pris congé du prince, qui me dit en latin: Vale, Joannes episcope (9)

J.-B. PALLEGOIX

 

 

Ce reportage en trois pages n’est malheureusement pas illustré. Nous en retirons quelques observations qui complètent utilement la connaissance que nous avons du roi Mongkut et de ses vingt ans de vie monastique.

 

- Moine il fut, certes mais dans des conditions fastueuses : s’il respecte la règle du dernier repas de la journée du talapoin qui doit être consommé avant midi, il ne vit pas dans une cellule monastique mais dans un palais entouré d’esclaves qui se prosternent devant lui. Ses aliments lui sont envoyés par le Palais et non recueillis par la quête du petit matin,  gageons que ce ne sont pas ceux des talapoins de son temple.

 

 

- En ce qui concerne sa nourriture, il est permis de penser en fonction des propos qu’il tient au prélat qu’il est strictement végétarien.

 

-Ses observations concernant la parenté entre le pali-sanscrit et le latin dénotent une connaissance profonde à la fois de la langue sacrée du bouddhisme et le latin qui n’est plus celle des catholiques. Les exemples de racines latines venues du sanscrit-pali sont nombreuses, le sept latin est septo, il est sapta en pali-sanscrit (สัปดะ), et si le sept est devenu chet en thaï (เจ็ด) nous retrouvons la racine sanscrit-pali dans le mot sapda, (la semaine de 7 jours สัปดาห์). Il en est de même pour la structure grammaticale (10).

 

- Sa connaissance des mystères de l’Eglise catholique qu’il utilise comme élément de décoration de son palais nous laisse à penser que les explications de Monseigneur Pallegoix lui furent utiles quelque complexe que soit la compréhension de ces points de dogme (7).

 

 

- Nous avons parlé de la question des missions protestantes américaines (6). Leur apport au développement de la médecine au Siam fut incontestable et leur prestige au regard des nouvelles technologies incontestable.  Leurs résultats au regard de l’évangélisation tutoya le néant. Il semble, au vu de l’ouvrage que nous citions, diffusé encore en 2020, les traductions en thaï soient effectivement fantaisistes ?

 

- En ce qui concerne l’admiration du futur monarque pour Napoléon, elle est de sa responsabilité !

 

***

Le prélat  mourut le 18 juin 1862 à Bangkok. Il avait un peu moins de 57 ans, usé pas sa tâche à la fois d’apôtre et de savant. Le roi Mongkut exprima le désir qu'il eût des funérailles très solennelles ; lui-même se plaça sur le parcours du cortège, et fit saluer de son drapeau le corps du prélat. Au moment où le cercueil descendait dans le caveau de l'église de l'Immaculée-Conception, quinze coups de canon annoncèrent à la ville les honneurs que le souverain avait voulu jusqu'à la fin rendre à l'évêque, son ami.

 


Après les obsèques, les missionnaires lui adressèrent une lettre pour lui témoigner leur gratitude ; ils lui offrirent en même temps l'anneau pastoral de Monseigneur Pallegoix. Le roi fut très sensible à cette double expression de reconnaissance et de respect ; il remercia par une lettre toute empreinte de son affection pour le défunt


 

NOTES

 


(1)  Cet incident fut consécutif à l’épidémie de choléra qui frappa le monde en 1849 et le Siam à partir du mois d’avril. Elle fit 40.000 morts à Bangkok, à son apogée 1.500 par jour. Il en est des versions pas totalement convergentes. Dans le deuxième volume de son « Histoire du royaume thaï ou Siam » publié en 1854, Monseigneur Pallegoix écrit « Le 15 juin 1849, le choléra fit sa terrible apparition à Siam, dans la capitale surtout la population fut presque décimée. A peine le fléau s'était- il ralenti, que le roi, par un caprice bizarre, fit chasser huit des missionnaires français qui restèrent deux ans à Syngapore et à Poulo Pinang en attendant patiemment que la porte de la mission leur fut ouverte de nouveau. Enfin le roi étant mort, son successeur se hâta de rappeler les missionnaires, qui revinrent à Siam le 29 juillet 1851 ». Il ne nous dit pas les raisons de ce « caprice bizarre » !

 

Adrien Launay en 1896 écrit dans « Siam et les missionnaires français » : « …en 1849 huit d’entre eux (les missionnaires) furent chassés à la suite d’un incident assez futile. Le choléra ayant décimé la population de Bangkok, le roi ordonna à tous ses sujets de faire des offrandes qui, dans plusieurs paroisses firent jugées superstitieuses et défendues aux chrétiens. Irrité de cette résistance, le roi chassa alors huit missionnaires qui restèrent à Singapour et à Pinang en attendant que la porte du vicariat leur fût à nouveau ouverte… »

 

Le site Institut de recherches France-Asie créé par les Missions étrangères donne la version suivante dans la page consacrée à Monseigneur Pallegoix, nous supposons qu’elle a été établie sur des documents ou correspondances internes, notamment une note adressés le 10 novembre 1849 à tous ses confrères de la congrégation : « Pendant cette dernière année, le choléra décima la population de Bangkok ; c'est alors qu'eut lieu un fait qui troubla assez profondément la mission. En voici le résumé : au mois de juillet, le roi envoya demander à l'évêque des animaux, non pas, affirma-t-il, pour les mettre à la pagode, ni pour faire aucune superstition, mais pour les nourrir. Les missionnaires consultés par le vicaire apostolique jugèrent que le roi, cédant à l'idée siamoise, voulait nourrir ces animaux pour se conserver à lui-même la vie, par conséquent, que les lui donner était coopérer à un acte entaché de superstition, et qu'il fallait refuser. L'évêque s'appuyant sur l'affirmation du prince, était d'un avis contraire; mais il accepta pratiquement l'opinion de ses collaborateurs, dont il fit transmettre le refus au roi. Celui-ci, fort irrité qu'on eût mis sa parole en doute, ordonna de détruire tous les édifices catholiques.

 

Monseigneur Pallegoix résolut alors toutefois de suivre son sentiment personnel ; il fit présenter au roi un paon, deux chèvres, deux oies. Les prêtres indigènes offrirent des présents analogues ; le roi retira ses ordres les plus sévères, mais expulsa les missionnaires opposants, qui étaient au nombre de huit ….Les exilés se retirèrent à Singapore, à Pinang, à Hong-kong. L’affaire alla jusqu’à Rome qui donna raison à Monseigneur Pallegoix ».

 

 

(2) Ne citons que l’essentiel : Une grammaire de la langue thaïe (en latin : Grammatica linguæ thai) publiée en 1850  - Sa « Description du royaume Thai ou Siam » publiée en 2  volumes en 1854 et bien sur son dictionnaire publié la même année, thaï – français – latin – anglais (Dictionarium linguæ thai sive siamensis interpretatione latina, gallica et anglica illustratum) qui continue à faire loi et n’a pas encore été surpassé. Le site de l’Institut de recherches France-Asie susvisé  en donne une liste exhaustive.

 

 

(3) La revue est publiée par la Société Orientale qui n’a rien de religieux. Fondée en 1841, elle s’intéresse à l’Orient tout entier. Membre de la société le prélat y  côtoie le général Bugeaud, Victor Hugo et son frère Abel, Lamartine, et Ferdinand de Lesseps.

 

 

(4)  En dehors de l’article qui nous intéresse aujourd’hui, publié en 1844, nous y trouvons un article sur le catholicisme au Siam en juillet 1853, assez lucide sur les difficultés de conversion des Siamois au catholicisme et un article de généralités sur le Siam fort bien ficelé en juillet 1854.

 

(5) Nous savons qu’il avait créé un alphabet spécifique destiné aux écritures sacrées et non à la langue vulgaire : Voir notre article

A 352 - อักษรอริยกะ - LE ROI RAMA IV CRÉE L’ALPHABET ARIYAKA – L’« ALPHABET DES ARYENS » – POUR TRANSCRIRE LES TEXTES SACRÉS DU PALI.

http://www.alainbernardenthailande.com/2020/02/a-352-le-roi-rama-iv-cree-l-alphabet-ariaka-l-alphabet-des-aryens-pour-transcrire-les-textes-sacres-du-pali.html

 

 

(6) Nous en avons parlé, à l’occasion de notre article sur le missionnaire évangéliste Dan Beach Bradley, créateur du premier journal au Siam (Voir notre article  A 406  - « THE BANGKOK RECORDER », LE PREMIER JOURNAL IMPRIMÉ AU SIAM (1845-1867)). Il fit faire d’incontestables progrès à la médecine en introduisant en particulier la vaccination contre la variole. Son évangélisation n’eut par contre aucun succès concret, il n’aurait réussi à réaliser qu’une seule conversion. Dans un autre de ses ouvrages (Mémoire sur la mission de Siam publié en 1853), Monseigneur Pallegoix souligne leur activité considérable en matière médicale tout autant que les dépenses considérables qu’ils font en diffusant des éditions tronquées ou expurgées des Ecritures. Il leur donne acte en 27 ans d’activité missionnaire d’avoir réussi à effectuer 27 conversions et essentiellement de leurs domestiques. Il signale,  ce que nous fîmes (6) que les Siamois ne les appellent pas des phra (prêtres) mais mo (médecin), les mots ont un sens dans la langue thaïe. Le prélat donne par ailleurs des raisons de l’échec incontestable de l’évangélisation protestante. Toutes deux semblent bonnes : Tout d’abord les Siamois ne conçoivent pas que l’on puisse être prêtre et marié en même temps. Or, l'American Board of Commissioners for Foreign Mission (ABCFM) qui chapeautait l’envoi des missionnaires n’autorisait pas qu’ils fussent mariés, elle l’exigeait. L’autre est également plausible : Ces familles de missionnaires se divisent en chapelles différentes (évangélistes, pentecôtistes, épiscopaliens etc…) ce qui n’est pas fait pour inspirer confiance.

 

En ce qui concerne la débauche d’imprimés, il faut bien constater qu’elle est toujours d’actualité au XXIe siècle. Dans de nombreux hôtels d’une certaine classe, vous trouverez systématiquement dans votre table de nuit un exemplaire bilingue du nouveau testament, thaï et anglais. C’est l’association des Gédéons qui sévit en affirmant avoir distribué près de 500 millions d’exemplaires des écritures à ce jour, sans autre commentaire.

 

 

(7) Les mystères de l’église catholique sont le dogme de la trinité,

 

 

celui de l’incarnation

 

 

et celui de la rédemption.

 

 

Leur connaissance échappe à  l’intelligence créée et ne sont connus que par la grâce de la révélation. Le premier est celui d’un seul Dieu en trois personnes, l’incarnation est celui de Dieu fait homme et incarné en Jésus Christ et le troisième le salut du genre humain et le rachat du péché originel par la mort du Christ.

 

(8) Il s’agit évidemment du Bouddha d’émeraude : voir notre article H 5 – A PROPOS DU BOUDHA D’ÉMERAUDE DU WAT PHRA KEO.

http://www.alainbernardenthailande.com/2016/11/h-5-a-propos-du-boudha-d-emeraude-du-wat-phra-keo.html

 

(9) Vale, impératif du verbe valeo est une formule traditionnelle du latin classique que l’on peut traduite par « porte-toi bien », un Au revoir tout simplement.

 

(10) Nous trouvons en pali comme en latin des déclinaisons, une différenciation des genres et des nombres et de multiples correspondances grammaticales. Il y a peu d’études à ce sujet, signalons  ภาษาบาลลีและภาษาละติน (phasa bali lae phasa latin), une étude universitaire de Mademoiselle Louise Moris datée de 1994. Nous n’en avons trouvé aucune a

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commentaires

Xavier BROC 16/01/2021 18:03

j' apprécie toujours la qualité de vos articles toujours très fouillés.

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 16/01/2021 22:09

Merci

Thiébaut Alain 16/01/2021 03:04

Partez du principe qu'il vaut mieux un coup trop peu qu'un coup de trop !!!

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 16/01/2021 04:00

Why not ?
*

Thiébaut Alain 15/01/2021 03:28

Quel plaisir de vous lire ! C'est chaque fois une joie sincère de voir un nouvel article dans la liste de mes nouveaux emails. Une toute petite remarque, quand vous avez des illustrations de très mauvaise qualité, ne les mettez pas, elles diminuent la qualité de l'ensemble, ... mais ce n'est que mon point de vue !

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 15/01/2021 23:54

Certes mais ce n'est pas toujours facile :